Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Blog en cours de remise à jour. Objectif : quelque chose de beaucoup moins personnel et beaucoup plus tourné vers la culture en général (voyage, littérature, actualité, histoire...)

Publicité

Dersou Ouzala

Un véritable coup de coeur pour cette oeuvre. J'avais déjà depuis pas mal de temps vu le film d'Akira Kurosawa, un chef d'oeuvre en son genre, avec une photographie très soignée, une prise de lumière et des paysages incomparables. C'est donc tout logiquement que lorsque, je suis tombé sur le livre de Vladimir Arseniev, j'ai acheté la version papier, datant du début du XXe siècle.

Le film m'avait vraiment ému, et je voulais revenir sur l'histoire, pour voir si le film était fidèle à l'oeuvre littéraire, et si cette histoire restait émouvante sans le talent de cinéaste de Kurosawa.

Ce livre, que j'ai trouvé sans surprise dans la petite bibliothèque Payot, est vraiment magnifique. Gorki disait de son auteur qu'il était le James Fenimore Cooper de la Russie et je pense qu'il avait raison.
On sent dans chaque ligne un amour de l'auteur pour la nature, ses descriptions de la région de l'extrême orient russe sont absolument magnifique. Pour avoir lu ce roman (imaginé d'après la vie réelle de l'auteur) à l'automne, alors que l'action s'y déroule souvent, je me suis laissé prendre au jeu et j'ai regardé les forêts du lot comme si elles étaient celles du Sihoté Aline.

Mais ce qui est encore plus bouleversant, c'est cette histoire d'amitié entre un officier russe, venant de la ville et n'ayant qu'une connaissance approximative des conidtions de vies locales, et un chasseur autochtone, un gold, qui connait la forêt comme sa poche et qui pratique son métier en véritable virtuose. Cette amitié très forte qui se lie entre ces deux personnages au gré des expéditions est vraiment émouvante, on y voit un certain retour du mythe du bon sauvage dont parlait Rousseau, mais je pense qu'il ne s'agit que des observations d'un homme qui a vraiment vu ces peuples là vivre ainsi.

En lisant ce livre on comprend pourquoi le film est aussi joli, le livre en lui même était déjà un chef d'oeuvre aux thèmes multiples, allant de la nécessité de protéger la nature à la valeur de l'amitié en passant par un thème de plus en plus d'actualité : le choc des civilisations. En effet on voit également dans ce livre la civilisation russe avancer et chasser toujours plus loin les autochtones incapables de s'adapetr aux nouvelles réalités comme ce fut le cas tragiquement pour le gold Dersou Ouzala qui dépérit dès qu'il doit vivre en ville.

La conclusion du livre est vraiment bouleversante car on sent un regret de la part de l'officier russe qui a exploré cette région et qui devient incapable de la reconnaître, qui regrette déjà son rôle dans la colonisation alors que celle-ci ne fait que commencer.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
<br /> Votre avis sur Dersou est proche du mien. J'ai lu ce livre il a environ 10 ans (j'approche de 60 !), et je l'ai lu plusieurs fois tellement il me plait. Je l'avais négligé longtemps, il était chez<br /> mon père et je ne regrette pas de l'avoir ouvert. Belle description de la nature, personnages attachants... je n'ai par contre pas vu le film. Ceci écrit vu la date, Bonne Année. Mathilde<br /> <br /> <br />
Répondre