Blog en cours de remise à jour. Objectif : quelque chose de beaucoup moins personnel et beaucoup plus tourné vers la culture en général (voyage, littérature, actualité, histoire...)
Je viens de lire un livre; qui j'en sui suis conscient de plairait pas à tout le monde, qui peut vraiement plaire à certaines personnes.
C'est une oeuvre d'un grand classissisme, d'une certaine manière, mais extrêment nouvelle et atypique d'une autre. Laissez moi m'expliquer, il s'agit en fait du "joyau de la collection des sagas des rois de Norvège que l'Islandais Snorri Sturluson rassembla au début du XIIIe siècle, sous le titre de Heimskringla". C'est donc un texte extrêmemnt classique. Il date d'une époque où les styles littéraires était assez figés et fait partie des canons du genre de la saga. Mais en tant que tel c'est donc un texte que nous n'avons pas l'habitude de lire. C'était la première saga, au véritable sens du terme, que je lisais.
J'y ai retrouvé de nombreuses choses intéressantes, dont une référence aux grands classiques de la littérature romaine et du haut Moyen Age, en particulier des vies de saint bien sûr, mais aussi des panégériques impériaux, et même de la poésie épique (même si je dois avouer que mes connaissances dans ce tdomaines sont plus que lacunaires).Premier grand roi unificateur et législateur de son pays, Olaf Haraldsson périt à la bataille de Stiklarstadir, en 1030, et fut immédiatement proclamé saint. La traduction a été réalisée par Régis Boyer, grand spécialiste des langues et des cultures nordiques.
Mais ce texte est aussi assez moderne. Sans doute parce que son auteur semble avopir été un homme d'Etat islandais très important qui comprenais mieux que de nombreuses autres personnes les rouages de la politique. Cet auteur essaye de donner la parôle à tous les protagonistes de l'histoire, même s'il prend parti pour le roi Olaf, car les islandais ont toujours eu de la sympathie pour son combat pour l'indépendance et qu'il était saint (Snorri Sturlusson a fini en tant que moine si j'ai bien compris).
Le roi Olaf Haraldsson fut un viking tout ce qu'il y a de plus classique dans sa jeunesse, il partit en expédition guerrière dans de nombreux endroits, depuis la Pologne actuelle, jusqu'en Espagne, tout en passant par la France où il fut baptisé à Rouen et par l'Angleterre, terre de prédilection des ravages vikings, où il s'empara un temps de Londres. Il eut donc une jeunesse mouvementée avant de revenir en Norvège pour devenir roi.
Il passa alors des années à se battre pour gagner la confiance du peuple norvégien, dispersé en de multiples petits royaumes, chaque région étant farouchement attachée à son identité, et chaque homme libre à ses droits. Durant toute cette période il doit faire face à l'hostilité du roi de Suède qui possédait la tutelle sur tous ces Etats et il affirme aussi sa volonté de christianiser la Norvège, ce qu'il fait par le feu et le sang quand il l'estime nécéssaire.
Mais alors qu'il était installé sur le trône il perdit le soutien de ses hommes qui estimaient perdre leurs droits et leurs libertés sous son règne, voulu étendre son royaume à l'Islande, aux Oracdes et aux Féroés, sans grand succès et se retrouve en face du plus grand roi scandinve de l'époque, le roi Knut du Danemark et d'Angleterre qui parvint au terme d'une campagne militaire rapide et en achetant les plus grands hommes de Norvège à pousser Olaf à se réfugier en Russie.
Il revint pourtant pour une dernière tentative face à ses anciens hommes liges et fut tué à la bataille de Stiklarstadir. Les norbégiens comprirent très vite, sous la tutelle du roi Knut qu'ils n'avaient pas fait le bon choix (version de l'auteur) car le vrai parti de leur liberté était auprès l'Olaf, dont le corpus législatif qui avait provoqué la révolte, était semble-t-il bien moins rigoureux et liberticide que celui mis en place par Knut (Il devient par exemple strictement interdit de tuer quelqu'un ce qui choque les norvégiens qui étaient habitués à payer réparation pour un meurtre). Il semble d'ailleurs que ce furent les plus acharnés des notables norvégiens à tuer Olaf qui furent les premiers à reconnaître sa sainteté.
C'est donc une belle histoire d'aventure, truffée de vers épiques traduits montrant une grande finesse de langage et ouvrant à d'autres formes de poésie, que ce livre.
Enfin pour les historiens qui voudraient apprendre des choses sur la vie des scandianves à cette époque ce texte est assez bon.
Il possède une introduction de Régis Boyer très bien faite, correspondant à la démarche scientique nécéssaire à l'étude d'une telle oeuvre; Et même si ce n'est que l'oeuvre d'un homme postérieur, il a repris des textes plus ancien et donc les événements politiques narrés sont exacts, bien que romancés sans doute. Même si ce n'est qu'une hagiographie assez classique finalement, le texte comporte de nombreuses indications sur la vie quotidienne à cette époque, et pas seulement dans l'entourage du roi mais aussi dans les campagnes. Et il en va de même sur la religion et les croyances anciennes des nordiques, évoquées à la fois dans le texte et dans les notes.
La seule faille à noter dans mon édition de le Petite bibliothèque Payot, c'est qu'il manque une carte pour se repérer entre tous les royaumes cités.
Je me suis régalé à cette lecture, qui m'a offert à la fois beaucoup de distraction et beaucoup de connaissances, et je pense que je vais lire d'autres sagas.