Blog en cours de remise à jour. Objectif : quelque chose de beaucoup moins personnel et beaucoup plus tourné vers la culture en général (voyage, littérature, actualité, histoire...)
Le célèbre écrivain français Aimé Césaire est donc mort le 17 avril dernier à Fort-de-France, en Martinique, où il était hospitalisé depuis le 9 avril. C'était un des créateurs de la "négritude". Il a su "faire irruption dans un espace pollué par le 'rire Banania' pour y décliner une humanité enfouie en chacun de nous" comme écrivait un journal de Dakar le lendemain.
Il avait su s'approprier le français, sans abandonner sa créolité, mais au contraire pour en faire entendre le rythme et la spécificité. C'était un grand auteur français qui avait su donner à cette langue des lettres de noblesse et avait permis qu'elle continue à exister en Afrique en tant que langue de culture grâce à son exemple et celui de quelques autres auteurs (comme Léopold Sédar Senghor).
"Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme" avait dit dans son disours sur le colonialisme. Il affirmait donc par là son engagement au côtés des auteurs africains pour rendre leur fierté aux peupls colonisés. En tant que martiniquais il se considérait comme membre à part enière de la diaspora africaine.
Cet engagement n'était pas passé inaperçu en Afrique, en effet celle-ci pleure tout autat le génie de cet auteur que son pays natal.
C'est donc un grand nom de la littérature française qui vient de disparaître mais au delà de cela c'es un des derniers grands défenseurs d'un mouvement intellectuel qui a marqué ces cinquante dernières années et qui faisait honneur à la France qui s'est éteint, sans doute avec la satisfaction de voir les africains prendre leur destin en main d'un point de vue culturel. Tout recemment des auteurs africains venaient de réclamer plus de place dans le paysage de l'édition française et on trouvait parmi eux Abdourahman Waberi, auteur né à Djibouti dont le dernier livre Aux Etats Unis d'Afrique est "un miroir tendu à l'Occident, une épopée et un pamphlet qui renversent le monde et mettent à mal nos préjugés". L'oeuvre de sa vie continue, avec une nouvelle génération d'écrivain qui se réapproprie la langue française et qui continue à critiquer l'égocentrisme idiomatique de la méropole et le sentiment de supériorité de celle-ci.