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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 10:35

Selon certains, les Achéménides avaient perdu le contrôle effectif des territoires indiens, du Gandhara, voire même de l’Arachosie, au plus tard depuis Artaxerxès II.

Alexandre avance vers le fleuve Indus, fondant au passage une ville appelée Nicée, en prévision de ses victoires futures en Inde. Cette ville se trouve dans la vallée du Laghman. De là, il avance vers l’Est, laissant le gros de ses troupes sur la rive droite de la rivière Kaboul, passant par la passe de Khyber. Il doit réduire les résistances des peuples de cette région1 dans de très durs combats, ces peuples possédant de véritables forteresses naturelles où ils se réfugiaient à son approche.

Comme chacun le sait, il parvint à l’Indus mais ses troupes refusèrent d’aller beaucoup plus loin. Lors de son retour, il semble qu’il ait au passage nommé un satrape des Indiens montagnards, un certain Samaxus ou Sambos. Ces peuples que l’on nommait Malles et Oxydraques contrôlaient la passe de Bolan et il semble qu’ils payaient tribut et envoyaient des troupes au satrape d’Arachosie. Cependant selon Arrien, ils n’étaient soumis à aucun satrape et ne payaient pas le tribut mais il affirme cela de tous les peuples montagnards contrôlant un passage stratégique.

Alexandre, lors de son retour, unifie l’Arachosie, dirigée jusque là par Menon, à la Gédrosie sous l’autorité de Syburtios. Alors qu’il était en Carmanie, dans le Sud-est de l’Iran actuel, les mercenaires installés dans la vallée du Kophen (la rivière Kaboul), qui avaient été confiée à Philippe qui avait succédé à Nicanor, assassinent leur chef et se révoltent. Ils sont violemment écrasés.

Durant son règne Alexandre inaugure un monnayage bimétallique avec des pièces en or et d’autres en argent, il sera en cela imité par les séleucides puis par les gréco-bactriens dont nous reparlerons plus tard.

L’empire perse était conquis et Alexandre l’avait récupéré à son profit. Mais son épopée marquait en réalité la fin de cet immense empire qui ne survivra pas à la mort de son dernier conquérant.



1 Ces campagnes laissèrent un souvenir impérissable auprès de ces peuples et Rudyard Kipling s’en servit pour situer l’histoire de sa nouvelle « L’homme qui voulu être roi » où un aventurier anglais prend le contrôle de ces peuples qui se souviennent encore du passage du grand conquérant et de son amour pour Roxane. Cette œuvre fut admirablement transposée sur les écrans avec dans le rôle le plus important Sean Connery.

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 10:34

La campagne en Sogdiane est extrêmement difficile pour les Grecs et les Bactriens semblent ne pas être très fidèles à Alexandre. En effet, Spitaménès, malgré sa trahison envers Bessos, continue à opposer une farouche résistance aux troupes grecques et il appelle sans cesse les Bactriens à rejoindre la révolte. Les hyparques, chefs locaux bactriens qui devaient fournir des cavaliers à son armée refusent de se rendre à une de ses convocations en raison d’une rumeur qui dit qu’il veut les mettre à mort. Cet épisode montre bien la méfiance qu’ils pouvaient avoir envers le nouveau conquérant mais aussi la qualité de la propagande mise en place par Spitaménès, car Alexandre avait multiplié les exemples de faveurs accordées aux Perses sans pour autant obtenir un soutien franc. Plusieurs Bactriens choisirent de rejoindre Spitaménès qui ne s’avouait pas vaincu et attaquait régulièrement les macédoniens et la ville de Maracanda, se réfugiant dans les steppes quand une armée trop puissance allait lui faire face mais poussant un jour jusqu’aux portes de Bactres car la situation lui était favorable. A cette occasion, Alexandre nomma Amyntas satrape de Bactriane pour remplacer Artabase devenu trop vieux. Finalement, après une énième bataille, les bactriens et sogdiens qui combattaient pour Spitaménès font leur soumission à Alexandre et les alliés Massagètes du rebelle le trahissent et envoient sa tête à Alexandre en signe de paix.

Alexandre dut ensuite réduire deux places fortes importantes, dont la roche Choriène, que l’on pourrait situer dans le Badakhshan. Alexandre fit de grands travaux pour attaquer cette place mais, voyant ceux-ci, les assiégés préférèrent se rendre, et gagner l’amitié du conquérant. Ils fournirent même du ravitaillement aux troupes grecques. Puis Alexandre ramena son armée à Bactres et au milieu du printemps prend la route de l’Inde en laissant quelques milliers de soldats sous les ordres de plusieurs généraux expérimentés derrière lui pour contrôler la Bactriane encore agitée. Il semble qu’il soit passé par la vallée de Bamyan avant d’arriver à Alexandrie du Caucase, en une dizaine de jours. Là, il décide une nouvelle vague de colonisation de la ville, y nomme Nikanor comme chef du gouvernement et Tyriaspe comme satrape des Paropamisades, mécontent du travail de leurs prédécesseurs. Tyriaspe ne restera pas longtemps à son poste puisqu’il sera vite remplacé par Oxyarte, ancien soutien de Bessos  mais surtout père de Roxanne, la jeune femme perse qu’Alexandre avait épousé après l’avoir remarquée parmi ses captives.

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 10:33

Alexandre traverse difficilement les montagnes, en passant semble-t-il par la passe de Khawak, après avoir remonté la vallée du Panjshir et arrive devant Drapsaka (peut-être la Kunduz actuelle) dont il s’empare sans combats. Il s’empara alors des deux grandes villes de Bactriane méridionale Aornos (dont la localisation est encore inconnue mais que certains voient à Kunduz, Drapsaka étant alors le nom de sa forteresse) et Bactres qui porte parfois le nom de la forteresse toute proche Zariaspa, alors que Bessos avait pris la fuite et s’était réfugié au Nord de l’Oxus, pratiquant par ailleurs la politique de la terre brulée. Un texte achéménide semble pourtant indiquer que Bessos, se porta avec des hommes jusqu’à la hauteur de Kholm, ville qui existait déjà sous ce nom mais que certains identifient à Aornos. Ce document cite également une localité que l’on pourrait appeler Asparasta. En effet l’historien Arrien nous dit que Bessos « ravage tout le pays au-dessous du Caucase pour arrêter, par le défaut de subsistance, le vainqueur dont il apprend la marche ».  Cependant cette manœuvre a les mêmes conséquences pour lui que pour Darius III, il est abandonné par ses troupes bactriennes. La région du sud de l’Oxus, dirigée par des hyparques, certainement les descendants de colons perses mais surtout de nombreux représentants de l’aristocratie locale, se rend très vite à Alexandre qui y laisse des troupes et un nouveau satrape, le perse Artabase. Alexandre y découvre les descendants des Branchides qui avaient été installés là et il les aurait tous fait tuer en souvenir de l’acte de leurs ancêtres.

Cependant la guerre n’est pas finie car les cavaliers sogdiens dirigés par Spitaménès et Oxyartès restent aux côtés de Bessos et celui-ci espère un renfort de cavaliers saces, alors qu’Alexandre est bloqué au sud de l’Oxus car il ne possède aucun moyen de traverser ce fleuve et que ses arrières sont mal assurés comme le montre le fait qu’il change de nouveau le satrape d’Arie, Arsaménès, trop peu fiable étant remplacé par Stasanor, et ses troupes fatiguées et lassées par la traversée de l’Hindou Kouch et des années de guerre.

Alexandre renvoie donc une partie de ses troupes puis se lance à la poursuite de Bessos en traversant le fleuve après avoir fait fabriquer des bouées avec les tentes de ses soldats. Bessos est à son tour trahi par Spitaménès qui le livre à son ennemi. Il est envoyé à Bactres puis à Ecbatane où il est mis à mort.

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 10:29

Bessos, roi des rois

Bessos, satrape de Bactriane, probablement un parent de Darius, prend alors la tête d’un complot contre son roi aux côtés de Barsaentès, satrape d’Arie et de Drangiane. Le roi Darius est assassiné et Bessos, réfugié à Bactres, se fait reconnaître roi sous le nom d’Artaxerxès. Il contrôle alors un immense territoire comprenant la Grande Bactriane, de part et d’autre de l’Oxus, et tous les territoires au sud de l’Hindou Kouch.

La soumission du sud de l’Hindou Kouch par Alexandre

Satibarzanès, satrape d’Arie, avait fait sa soumission à Alexandre et accepté des troupes macédoniennes dirigées par Anaxippos sur son territoire, avait été confirmé dans sa satrapie. Mais il apporte finalement son soutien à Bessos et commence à rassembler ses troupes dans sa capitale d’Artacoana en vue d’une contre-attaque.

Alexandre réagit promptement à la nouvelle et fit avancer son armée à marche forcée pour empêcher la jonction des deux armées ennemies. Satibarzanès s’enfuit. Il fonde alors Alexandrie d’Arie (Hérat) pour contrôler la capitale Artacoana, méthode qu’il utilisa systématiquement dans la région, fondant des colonies militaires à proximité des villes locales ou tout simplement refondant celles-ci. L’installation d’une colonie militaire à proximité de la grande ville locale permettait de la contrôler facilement tout en étant relativement à l’abri des risques de révoltes urbaine et surtout de fraternisation avec la majorité1. Puis Alexandre marche sur l’Arachosie dont le satrape Barsaentès connaît le même sort, livré par les Indiens des montagnes où il avait cherché refuge. Il fonde une Alexandrie Prophtasia au passage, peut être l’actuelle Farah. Il soumet par la même occasion plusieurs peuples locaux, dont les Ariaspes qu’il honore en souvenir des services rendus à Cyrus. Il fonde deux nouvelles Alexandrie, celle d’Arachosie (aussi appelée Alexandropolis), pour contrôler la ville d’Arachotoi et celle de Drangiane à proximité de Zarangai (probablement l’actuelle Zarandj). Cependant les troubles persistent sur les arrières d’Alexandre car le nouveau satrape d’Arie qu’il a nommé, Arsaménès, qui contrôle aussi la Drangiane, semble peu fiable, et à peut être pris des contacts avec Bessos, toujours à Bactres. Il sera plus tard remplacé par Stasanor dans ces deux provinces. Selon certaines versions Satibarzanès y faisait régner l’insécurité à l’aide de cavaliers fournis par Bessos.

Alexandre envoie alors quelques troupes pour renforcer ses positions en Arie mais continue avec le gros de ses forces vers la Bactriane en passant par le sud de l’Hindou Kouch. Aux pieds des montagnes où il passe l’hiver, Alexandre fonde une nouvelle Alexandrie, Alexandrie du Caucase, l’actuelle Begram, en refondant la capitale locale qui s’appelait peut être déjà Kapisi, où il aurait installé des colons, ce que les fouilles semblent pouvoir confirmer) et y laisse un satrape perse, Proexès, sous la surveillance de soldats grecs. Selon Diodore, il créa aussi plusieurs villes à une journée de marche de la nouvelle ville, qui toutes reçurent 3000 grecs et 7000 barbares comme peuplement. Cette installation d’un réseau urbain, unique dans les textes, semble avoir connu d’autres exemples en Bactriane si l’on en croit les prospections archéologiques.



1 Les arabes utilisèrent la même technique avec un succès plus grand encore puisque c’est la population locale, qui se rapproche peu à peu de leurs fondations où il était intéressant de commercer et qui se convertirent à l’Islam et adoptèrent la langue arabe

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 10:28

Il semble que la Bactriane était assez inégalement peuplée à la fin de l’époque achéménide. Les textes nous parlent en particulier de forteresses et de villes dont les noms de Bactres/Zariaspa, d’Aornos, de Dapraska se détachent comme étant des places importantes.

De même on a retrouvé à proximité du site d’Aï Khanoum, dont nous reparlerons, une citadelle entourée de deux murailles circulaires. La taille du site met en évidence l’existence d’une agglomération importante, placée à proximité d'un point de traversée de l'Oxus, pour en garder les abords. On a trouvé en effet de nombreux objets caractéristiques de la période achéménide en Asie centrale. La « ville ronde » est le principal établissement d'époque perse dans la plaine d'Aï Khanoum, même si l’on a retrouvé des indices indiquant l’occupation du site même de la ville dès cette époque. L'irrigation artificielle de la plaine est vraisemblablement postérieure à l'époque achéménide, ce qui montre que les efforts d’irrigation sous cette dynastie n’avaient pas encore atteint l’extrémité de la plaine de Bactriane. On en conclue que la population de cette région à la fin de l’époque achéménide est caractérisée par un peuplement le long de l’Oxus, où l’agriculture est possible sans grands travaux d’irrigation, mais une plaine occupée  de façon beaucoup moins dense, sans trace de peuplement sédentaire important, donc sans doute fondé sur une agriculture sèche sans irrigation et sur l’élevage. Cela nous amène à penser à l’existence d’une population probablement semi-nomade.           

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 10:27

Trois éléments montrent que la Bactriane jouissait d’une très bonne intégration dans l’empire achéménide et que les Grands rois considéraient cette satrapie comme particulièrement importante.

Il y a tout d’abord le fait qu’en plusieurs occasions le gouvernement de cette région fut confié directement à un des fils du roi, comme compensation quand un de ses frères était choisi comme successeur. On a vu que c’était le cas de Bardiya, fils cadet de Cyrus, ce fut aussi celui d’un certain Masistès (ou Ariaramnès, ce qui signifie « second après le roi ») fils de Darius. Selon Hérodote il se rebella contre son frère Xerxès mais est massacré avec les siens par les troupes royales, selon Plutarque et Justin il accepta de rester en retrait après avoir fait valoir sa candidature. A la mort de Xerxès, un de ses fils, Hystaspes selon Diodore, Artaban selon Ctésias, satrape de Bactriane s’est peut-être révolté contre son jeune frère Artaxerxès, dont les troupes écrasent la rébellion de Bactres malgré une bataille indécise (Ctésias). Enfin on sait que Bessos, le régicide du dernier roi achéménide, Darius III, qui était satrape de Bactriane, était un de ses parents.

Un deuxième phénomène montre la confiance que les Achéménides avaient dans la fidélité de cette région. La Bactriane fut, tout au long de l’histoire de cet empire, une satrapie d’exil pour de nombreux peuples. On peut par exemple citer les Branchides de Milet, qui, après avoir pris le parti des Perses lors d’une guerre en Ionie et avoir livré au Grand roi le trésor du sanctuaire de Didymes, furent installé dans cette région. Ce fut le cas aussi d’une partie des habitants de Barkè, cité grecque de Libye, qui fondèrent une localité du même nom dans cette province. Il ne faut pas interpréter cette politique dans le sens où la Bactriane serait considérée comme une périphérie utilisée comme lieu de relégation (à l’image de la Sibérie pour l’URSS). Au contraire, les Achéménides déportaient les populations vers les régions qu’ils voulaient mettre en valeur, comme celle du Golfe persique par exemple. Ces peuples étaient installés là et certainement intégrés à l’organisation militaire et tributaire de la satrapie. De plus il semble bien que la Bactriane ait été un lieu d’installation de la part des Perses. En effet, l’auteur Bérose mentionne l’érection d’une statue du culte d’Anahita, divinité perse, à Bactres, ce qui plaide en faveur de l’existence d’une diaspora de ce peuple dans la région.

Enfin la très bonne intégration de la Bactriane dans l’empire achéménide se voit à la confiance dans les contingents bactriens que les Achéménides témoignaient. Les troupes « iraniennes » formaient le cœur de l’empire perse, et la Bactriane est une des satrapies iraniennes. D’une part on sait que des troupes bactrienne étaient postées dans les garnisons d’Asir mineure. C’est leur témoigner une grande confiance quand on sait les affrontements permanents qui eurent lieu dans cette région durant toute l’histoire achéménide, que cela soit contre les Grecs ou contre les peuples locaux comme les Paphlagoniens ou les Pisidiens. D’autre part, durant les grandes campagnes militaires les troupes bactriennes figuraient toujours en bonne place et étaient réputées. Les Bactriens font partie des troupes choisies par Mardonios pour combattre en première ligne, aux côtés des Perses, à Platées lors de la bataille décisive (mais perdue) contre les Grecs. De même à la fin de l’empire, alors qu’Alexandre le Grand s’est déjà emparé des capitales perses, les auteurs grecs citent les cavaliers bactriens comme étant les derniers soldats importants de l’empereur en fuite. Cependant les troupes des ces régions furent plus rarement utilisées que celles du centre ou de l’Ouest de l’empire dans les guerres que nous connaissons, qui se sont toutes déroulées au Moyen Orient, sans doute en partie en raison de la lenteur du système de rassemblement des troupes qui mettaient trop de temps à arriver, comme ce fut le cas lors de la révolte de Cyrus, où les troupes des régions orientales de l’empire arrivèrent après la bataille finale.

Mais cette bonne intégration ne doit pas faire croire que la Bactriane y a perdu son identité. Le fait même que les Grecs sachent différencier les Bactriens des Perses lors des batailles (alors que l’armement ne doit pas être très différent) montre qu’ils ne sont pas acculturés. On sait d’ailleurs que la langue bactrienne fut maintenue tout au long de l’histoire achéménide.

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 08:38

L’Afghanistan, en raison de sa situation dans l’empire et de sa géographie a accueilli de nombreuses routes royales, dont les itinéraires, dictés par le relief, sont assez proches des grandes routes contemporaines.

P. Briant identifie une route royale passant par le Nord vers Bactres et une au sud vers Kandahar puis le Gandhara jusqu’en Inde. Il note également des itinéraires transversaux, par Hérat pour relier le Sistan au Khorasan et par l’Hindou Kouch pour relier le Gandhara à Bactres. Il cite également une route partant de Kandahar et gagnant l’Indus via la passe de Bolan (c’est encore aujourd’hui une route importante pour l’Afghanistan).

Ces routes étaient carrossables, c'est-à-dire praticables pour les gros chariots qui accompagnaient les armées, ou constituaient les convois royaux car on sait que les grands rois perses faisaient régulièrement des tournées d’inspection dans leurs satrapies, ce qui entrainait de la part des satrapes un effort d’entretien de ces routes. Tout au long de ces routes on trouvait des relais, surveillés, à un jour de marche l’un de l’autre. Le système de la poste achéménide fonctionnait très bien, était rapide et efficace quand les représentants locaux n’abusaient pas de leurs prérogatives pour réquisitionner des chevaux.

Elles devaient être bien fréquentées, même en dehors des circonstances exceptionnelles déjà citées, car on a retrouvé une inscription sur une tablette en araméen à Kandahar relative aux voyages sur les routes royales. De plus on a aussi la trace d’un marchand bactrien en Inde. En dehors de la Bactriane on a retrouvé deux trésors à Kaboul qui montrent la circulation monétaire dans les Paropamisades et le Gandhara, ce qui ne semble pas avoir vraiment été le cas en Bactriane. L’atelier monétaire de cette ville produisait cependant des monnaies d’imitation grecque, des frappes satrapiques, sans doute pour l’usage de commerçants (grecs ?) et pour payer les mercenaires venant de région de circulation monétaire.

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 10:31

L’intégration des provinces afghanes dans l’empire achéménide ne fut pas uniquement politique et militaire. Pour la construction de palais de Suse, on sait que le Grand roi Darius utilisa du bois yaka venu du Gandhara, de l’or de Bactriane et de l’ivoire d’Arachosie. Cela montre bien que ces provinces étaient bien intégrées dans les circuits commerciaux de l’empire. Par contre si l’on connait des artisans grecs ou égyptiens ayant participé à ces travaux, aucun travailleur originaire de provinces afghanes n’est cité par les textes qui nous sont parvenus.

Plus tard cependant on remarque des Bactriens sur les listes des travailleurs royaux, mais presque tous les peuples tributaires semblent avoir fournit de tels services.

Par ailleurs le territoire était exploité par les achéménides puisqu’on sait qu’ils utilisèrent des mines d’or et d’argent de Bactriane et bien sûr les mines de lapis-lazuli déjà signalées au Badakhshan. Ces matériaux servirent aux grandes réalisations des Achéménides et à constituer leurs célèbres trésors.

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 08:30

Deux satrapes sont nommés par Darius par un terme qui renvoie à un lien de nature personnelle entre les nobles perses et le souverain, la satrape est donc avant tout le représentant personnel du roi auprès des populations soumises, mais il ne semble pas nécessairement lié à un territoire fixe et bien défini.

Pourtant chaque satrapie devait avoir une capitale (Kandahar pour l’Arachosie, Bactres pour la Bactriane). Chaque satrape semble avoir également eu le devoir d’entretenir un paradis1 sur les terres qui lui étaient allouées. On sait que Vivana livra bataille en 522 av J.-C à proximité de la forteresse d’Arsada, qui est peut être aussi un centre administratif développé, faisant office de chef lieu d’une région de la satrapie d’Arachosie, dont il collecte les produits. C’est aussi un domaine agricole, sans doute un domaine de fonction pour le satrape. Très souvent ce type de domaine fonctionne à proximité d’un paradis. C’est une organisation que l’on retrouve surtout en Perse, ce qui montre bien la bonne intégration de cette province dans l’empire.



1 Il s’agit d’un vaste complexe, comprenant des réserves de chasse, des espaces sauvages mais aussi des jardins magnifiques où étaient plantés de nombreuses essences d’arbres et de plantes aux usages médicinales et magiques.

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 09:28

Il semble que le tribut fut une des raisons des révoltes contre Darius et celui-ci apparaît en conséquence comme le premier à vraiment réfléchir à ce sujet et à fixer l’assiette de la levée du tribut. Cela devient un système où chaque tributaire (peuple ou satrapie) est taxé par le pouvoir central, pour un montant déterminé, et sans doute négocié auparavant, évalué en métal précieux et calculé sur des critères objectifs (revenus estimés des terres et du commerce par exemple). En effet, la monnaie ne semble pas être utilisée dans cette région, où les tributs et les dons se font en poids.

Le peuple des Ariaspes, dans le Sistan, fut exempté de tribut en raison des services qu’ils avaient rendus à Cyrus. Cela n’empêchait pas la levée du tribut dans leur satrapie mais ils n’étaient pas concernés par les agissements des envoyés royaux pour lever l’impôt attribué à leur région.

De plus le tribut semble n’être qu’une partie de la pression fiscale sur les sujets car il semble être associé à des taxes et à des dons plus ou moins volontaires et ritualisés.

Dans les listes dressées par Darius et ses successeurs des peuples tributaires, que l’on trouve dans les lieux centraux du pouvoir, dans les villes royales de Suse et de Persépolis ou sur la falaise de Béhistoun (en Iran), on retrouve de nombreuses références aux régions afghanes. Parmi les tributaires sont cités ou représentés les représentants ou les régions d’Arie, d’Arachosie, de Bactriane, de Sattagydie et du Gandhara. Dans le palais de Suse les Ariens apparaissent portant en cadeau un vêtement, de la vaisselle et un chameau, les Arachosiens et les Bactriens apportant de la vaisselle, des peaux et un chameau, et les Gandhariens, un bouclier, un épieu et un buffle. Ces frises se ressemblent mais tiennent toujours compte de la place offerte à l’artiste pour la représentation, mais les principales régions afghanes sont presque systématiquement représentées, ce qui montre l’importance de l’intégration de ces régions pour l’empire.

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  • Amalkhan
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.

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