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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 08:50

Gondopharès I frappe les premières monnaies indo-parthes mais l’ordre des souverains de ce royaume n’est pas établi avec assurance. Ils'agit probablement de l'adaptation des Parthes à la présence importante des Sakas dans la région.

Gondopharès II prend la Kapisène, son règne commence vers 19/20 de n.è. Il s’agit peut-être d’un usurpateur, comme son épiclèse d’Autocrator le laisse supposer. Il aurait affronté victorieusement Gondopharès-Sasès. Il prend la ville de Kapisa après s’être emparé de Taxila, de tout le Pendjab et du Sind. Son successeur Abdagasès contrôle encore l’Arachosie et le Gandhara.

Vers 80 ce royaume est replié sur l’Arachosie occidentale et le Séistan (plus la basse vallée de l’Indus jusqu’au second siècle) où il persiste jusqu’à 230 de n.è en dépit de la poussée des Kouchans.
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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 12:28

9 Mars 1889

 

Ménélik II est proclamé empereur d'Ethiopie.

Durant son règne il fixa plus ou moins les frontières de l'Ethiopie et s'opposa au colonialisme en s'opposant à la conquête italienne, s'imposant ainsi comme la seule terre africaine encore indépendante à cette époque, commela seule puissance africaine existante. Son nom est ainsi devenu un symbole de la résistance et de l'indépendance de l'Afrique.

Son nom a ainsi été repris par un rappeur français en raison de cette symbolique.

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Published by Amalkhan - dans Ephéméride
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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 09:52

Des monnaies attribuées à Phraatès II (138-127) font mention de l’Arie, de la Margiane et de la Traxiane comme conquises par les Parthes. Certains Sakas rejoignirent les forces de Phraatès II contre Antiochos, le roi séleucide. Cependant ils arrivèrent trop tard pour participer au conflit et lorsque Phraatès II refusa de les payer, les Sakas se révoltèrent. Le roi tenta de les écraser avec l'aide d’anciens soldats séleucides mais ces derniers rejoignirent les révoltés]. Phraatès II marcha contre cette force combinée mais il fut tué au combat. Selon l'historien romain Justin, son successeur Artaban Ier (128-124 av. J.-C.) mourut également à la bataille contre les nomades à l'est, certainement des Sakas[1]. Mithridate II  (124-90) reprit par la suite les territoires conquis par les Sakas dans le Sistan[].

Ce n’est que sous Orodès I que le pouvoir central reprend le contrôle. L’Arie est probablement parthe dès Mithridate I, qui s’empare également de la Drangiane sur Eucratide.

La Drangiane est prise par Mithridate I avant de voir déferler les Sakas qui y sont officiellement installés par Mithridate II. A ce moment là, l’Arie est de façon certaine sous contrôle parthe. Entre la mort de Mithridate II (88 av n.è) et l’avènement d’Orodès II (57 av n.è), une guerre civile fait rage dans l’empire parthe, voyant les rois se succéder très rapidement.

Entre l’annexion du royaume saka d’Arachosie-Séistan et la création du royaume indo-parthe (70-50), ces régions ont du être sous le contrôle direct des parthes.

Gotarzès I (90-80 av n.è) frappe des monnaies en Arie et Traxiane.

Vers 70 av n.è, un usurpateur du nom de Darius a pris le contrôle des provinces orientales de l’empire parthe dont l’Arie.



[1] Selon Justin il s’agissait de Tokhares, qui faisaient probablement partie de la confédération des Yuezhis, mais il s’agit probablement d’une erreur de sa part. A propose de ce peuple Ptolémée écrit qu’ils devinrent le peuple le plus nombreux de cette régio, qui porte leur nom à partir du IVe siècle.

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 15:41

Ce n'est que sous le règne de Mithridate II, vers 120 av n.è que les Parthes purent vaincre les Sakas, une partie se réfugiant alors certainement vers la basse vallée de l’Indus. Le roi les installa dans les anciennes provinces d'Arachosie et de Drangiane (où ils étaient déjà présents) qui prirent alors le nom de leurs nouveaux habitants, la Sakastana, aujourd’hui appelé Séistan ou Sistan. Là, ils vécurent quelques années sous la domination directe des Parthes avant de fonder leur propre royaume.

A la mort de Mithridate II, une guerre civile divise les Parthes et les Sakas en profitent pour regagner leur indépendance sous la domination d’un prince au nom parthe. Il s’agit donc très probablement au départ d’une union personnelle entre un Parthe et le peuple saka. Vononès, le parthe, frappe des monnaies à partir d’environ 80 av n.è et associe à son nom celui d’une « frère du roi » au nom saka. Il prend le même titre que Mithridate II, s’empare d’Alexandrie d’Arachosie vers 78 av n.è et a peut-être régné sur une partie importante de l’empire parthe et probablement une partie du Gandhara si l’on en croit les découvertes monétaires faites dans cette région.

A Vononès, mort à une date inconnue, succède le Saka Spalirisès. Leurs deux règnes durent probablement une dizaine d’années. Spalirisès, avant de disparaître au cours de la reconquête parthe de son territoire par les armées de Sinatrocès ou de Phraatès III, avait associé Azès au pouvoir. Celui-ci était probablement son fils, et il s’agit probablement de ce même Azès qui fut le fondateur du royaume indo-saka de Taxila où il se serait réfugié avec une partie de son peuple, une douzaine d’année plus tard.

Durant toute la période où les Sakas dirigèrent ces territoires, soit durant les désordres parthes soit en tant que royaume indépendant, ils utilisèrent la langue grecque et leurs monnaies étaient interchangeables avec celles de grecs, ce qui montre l’influence de cette culture sur les élites sakas. Ce royaume n’exista donc probablement qu’une dizaine d’années, mais les Sakas étaient un peuple si puissant que malgré la destruction de leur royaume les Parthes allaient devoir redonner une grande liberté à ces régions qui désormais portaient leur nom, preuve de leur bonne implantation dans la région.

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 08:40

De cette période, il reste un témoignage archéologique exceptionnel en Bactriane occidentale. On a retrouvé dans l’oasis de Sheberghān, à Tillia Tepe, la tombe de cinq personnes qui devaient être des représentants de l’aristocratie saka, même s’ils semblent avoir subi l’influence des Parthes[1]. C’est un des plus beaux trésors de l’Afghanistan. Le nom même de l’endroit laisse penser qu’il existait d’autres tombes qui furent découvertes par les habitants, en effet cela signifie « la colline d’or ».

C’est en fouillant dans un sanctuaire monumental bien plus ancien (âge du bronze) que ces tombes ont été mises à jour. On y a retrouvé plus de 20000 objets en or, en argent et dans d’autres matériaux plus ou moins précieux. S’il est difficile de les dater précisément il est évident qu’elles datent du Ier siècle av n.è ou du Ier siècle de n.è. On ne sait pas le nom ni le rôle des personnages enterrés là mais il s’agissait visiblement de grands seigneurs si l’on en juge à la richesse de ces tombes. Il est possible qu’ils aient été tous enterrés en même temps car il s’agit d’un homme et de plusieurs femmes et que leurs ornements présentent une grande unité. 

 

Les cinq corps étaient dans des tombes séparées, parés de somptueux habits, brodés de fils d’or et de centaines de perles, dessinant des motifs végétaux complexes dont des rameaux de vignes. Ils avaient les têtes coiffées de diadèmes et de couronnes en or, leurs poignets et leurs chevilles portaient des bracelets, leurs oreilles portaient des boucles. Ces bijoux étaient incrustés de turquoises, de coraline, de perles et d’autres pierres précieuses et semi-précieuses.

 

Les influences visibles sur ces objets sont très diverses. On a retrouvé une monnaie de l’empereur romain Tibère, des l’ivoire gravé indien ou encore un miroir chinois. Plus proche culturellement et géographiquement, il y a des objets fabriqués dans le style artistique des steppes et d’autres visiblement hellénistiques bien qu’éloignés des canons de beauté classiques grecs (ainsi des agrafes représentant un amour sur un dauphin). On voit ainsi une déesse ailée, très grecque mais son front est marqué d’un point, signe indien qui montre peut-être un syncrétisme déjà très développé. De même, un pendentif, représentant un prince ou un héros luttant contre deux dragons, est très représentatif des différentes influences qui ont pu jouer sur les gouts de l’artiste qui le réalisa. Le thème remonte à l’art de l’Asie occidentale mais le visage du héros est mongoloïde, avec de larges pommettes, la pose frontale, elle, se rattache à une tradition locale de représentation, que l’on retrouve également dans l’art kouchan. Le personnage a un point sur le front, ce qui est indien mais les dragons ont des pattes retournées vers l’arrière ce qui est une tradition steppique. Enfin on a également retrouvé le thème d’une déesse assise sur une lionne, qui fut apporté dans la région par les Grecs et qui connut lui aussi une grande diffusion sous les Kouchans.



[1] Mais il est difficile de  différencier tous les peuples qui occupèrent la région à cette époque, tout comme il est difficile de dire ce qui est particulier à un peuple et ce qui participe du fond commun des peuples nomades venus du Nord de l’Asie centrale.

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 15:34

Le désordre provoqué par les invasions sakas

Les Sakas font certainement partie des peuples nomades qui se sont emparés de la Bactriane vers le milieu du deuxième siècle av n.è. Cependant, ils fuyaient probablement l’avancée des Yuezhis, plus puissants qu’eux et leur avancée se tourna vers l’Ouest et l’empire parthe. On ne sait que très peu de choses des événements qui suivirent.

Si l’on en croit les auteurs antiques, les Parthes essayèrent d’acheter les Sakas et les prenant comme auxiliaires militaires. Selon l’historien romain Lucien c’est grâce à leur soutien que Sinatrucès s’empare du pouvoir vers 70 av notre ère. Mais les Sakas étaient rétifs à toute autorité étrangère et se rebellèrent régulièrement. Les conflits entre Parthes et Saces sont très peu connus mais il semble que les provinces de Margiane, d’Arie, de Drangiane, et des parties d’Arachosie et même de Bactriane, tombèrent sous le contrôle des tribus sakas. Phraatès II serait mort en les combattant en 128 av n.è. De même, son successeur Artaban II mourut quatre ans plus tard au combat contre les Tokhariens[1] selon Justin, mais il s’agissait probablement en réalité de Sakas.

Les Sakas en Bactriane occidentale

Nous n’avons que peu de preuves de l’installation des Sakas dans cette région. On a retrouvé dans l’Ouest de la Bactriane des monnaies d'un princenomade, Tanlismaidatès, qui régna au Ier siècle av. J.-C(l'une de ses drachmesa été achetée à Maïmana). Le deuxième élément de son nom, Maidatès est d'origine iranienne et signifie « don de la lune ».

On peut identifier ce roi à un Saka grâce à sa représentation que l’on peut recouper avec d’autres, plus tardives, montrant des Sakas. Il porte une haute collerette, un casque moulant son crâne avec une courte visière, un protège-nuque vertical et des protège-joues.


[1] Que l’on peut identifier aux Yuezhis si l’on considère la région qui a pris le nom de Tokharestan, mais il est très probable que l’historien romain Justin ait fait une confusion à propos de l’identité de ces nomades.

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 10:06

Les Sakas[1] ont déjà été évoqués plusieurs fois dans les chapitres précédents. Il est temps de se pencher sur leur histoire et leurs relations avec l’Afghanistan.

Leur nom est apparu pour la première fois lors de l’évocation de l’invasion de l’empire perse par Alexandre la Grand. Leurs troupes faisaient partie des troupes achéménides en tant qu’alliés. Il semble qu’il existait un accord de coopération entre les Achéménides et le roi Saka. Alexandre se posant en héritier des Achéménides avait probablement renouvelé un tel accord. Sous les séleucides, une invasion des nomades du Nord, sans doute des Sakas, eut lieu, sans doute parce que le tribut du aux Sakas n’était plus payé.

Durant la période gréco-bactrienne, il semble que les Sakas soient progressivement descendus vers le Sud, occupant progressivement la Sogdiane. Il semble qu’une partie d’entre eux ait servi d’auxiliaires dans les armées gréco-bactriennes durant leurs guerres pour la reconquête de la Sogdiane. On peut même penser qu’il existait une forte communauté saka installée en Bactriane. Pour Widemann, le roi saka de Taxila Mauès, qui mena une politique très philhellène, était un descendant des sakas hellénisés qui avaient fui la Bactriane avec les Grecs lors de l’invasion de celle-ci par les Yuezhis.



[1] On les appelle aussi les Saces, ils font partie du grand groupe ethno-liguistique des Scythes.

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 09:36

A plusieurs reprises dans les paragraphes précédents, j’ai glissé quelques remarques sur la vitalité du commerce de la région sous le contrôle des Grecs. L’évolution démographique et urbanistique en elle-même est un indice de la vitalité de ce commerce. De plus les Grecs étaient des commerçants et des colonisateurs avant d’être des conquérants, il est donc logique qu’ils aient continué ces activités dans leurs nouvelles terres. De même le trésor de Takht-i Sangin, déjà évoqué possédait de nombreux objets importés. De même, la boucle d’oreille d’Aï Khanoum déjà signalée montre l’importance du commerce dans la région, ses matériaux venaient des bords de la Méditerranée, du Golfe persique et de Birmanie.

Taxila ne faisant pas partie de notre sujet, je ne développerais pas l’importance du commerce de cette ville et de tout le Pendjab mais je suis obligé de faire un rapide détour par cette région pour comprendre un élément essentiel du commerce dans la région.

Pour le commerce des Grecs, le contrôle du Pendjab et des côtes du Sind était une question primordiale. En effet, ils étaient coupés du monde hellénistique par les Parthes farouchement opposés aux dynasties grecques et leur seul moyen d’entretenir des relations avec les foyers principaux de leur culture situés en Méditerranée orientale. En effet, sous les souverains égyptiens, le commerce maritime avec le royaume gréco-bactrien s’est développé. Il est difficile de dire ce qui était échangé, mais il s’agissait probablement de produits locaux (épices, artisanat, lapis-lazuli…) contre des produits divers que l’on a retrouvés. Ainsi dans les ruines du palais d’Aï Khanoum on a retrouvé des amphores d’huile d’olive, certainement des produits de luxe dans la région. A proximité de cette ville on a également remarqué des traces de vignobles, probablement acclimaté par les Grecs dans ces régions dans le but de produire du vin[1], la production locale n’était cependant pas forcément suffisante pour la consommation, exigeant des importations. De même, on a retrouvé dans le trésor de Begram, que j’utilise bien qu’il soit d’époque kouchane, des verres décorés égyptiens, datant au plus tard du début de l’ère romaine, c'est-à-dire de la fin de la période hellénistique à Kapisi. L’un de ces verres est la plus vieille représentation connue du phare d’Alexandrie. Des artistes et des femmes grecques prenaient peut-être la même route pour renforcer la communauté et la culture grecques.

Vers le Nord, on ne sait que peu de choses sur les échanges avec le monde des steppes, si ce n’est, comme dit plus haut, que l’or venait probablement de l’Altaï.

Vers l’Est, le commerce devait être très actif comme en témoigne la découverte d’un trésor monétaire grec dans le Bihâr et la présence dans le trésor de Begram d’admirables sculptures indiennes sur ivoire. De même, on a retrouvé des laques chinoises qui devaient, elles, venir par ce qui allait devenir la route de la soie.

 

Les Grecs sont donc restés en Afghanistan pendant près de 300 ans. Ils y fondèrent un puissant empire qui s’effondra plus du fait de ses divisions que des menaces extérieures, bien que celles-ci furent nombreuses et puissantes. L’héritage culturel qu’ils laissèrent est immense et touche à tous les aspects, que cela soit à travers leur alphabet, leur architecture, leurs conceptions religieuses ou leur art.



[1] On a la preuve de production de vins dans la région pendant des siècles, ainsi dans ses mémoires l’empereur Babur (XVe siècle) compare les productions de Boukhara et de Ghazni.

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 11:17

Il y eut également un syncrétisme qui se développa entre les dieux du panthéon grec et ceux du panthéon indien, mais il est difficile de dire quel fut l’impact de cette dernière sur les populations résidant dans les territoires aujourd’hui afghans. Ils appartenaient à l’empire achéménide, mais il est probable qu’au sud de l’Hindu Kush, celle-ci ait été bien implantée, le fait que ces peuples étaient dits indiens plaidant dans ce sens. On a évoqué l’utilisation du symbole de Poséidon, le trident, pour faire accepter aux indiens un souverain grec car ils y voyaient le symbole de Shiva. Ce dieu très important pour les indiens semble aussi avoir été rapproché de Zeus sur certaines monnaies. Le héros Héraclès est également représenté quelques décennies plus tard de façon à rappeler le héros indien Vajrapani, ce qui laisse penser que cette fusion a pu commencer sous la période grecque et s’est achevée sous les Kouchans.

Le Bouddhisme tient un rôle à part dans les relations entre les Grecs et les religions locales. En effet, durant toute la période, il semble s’être développé dans le royaume gréco-bactrien, même s’il a pu connaître une perte de vitesse après la mort de son premier protecteur en Afghanistan : Ashoka. On a déjà vu qu’un roi grec était considéré lui aussi comme un protecteur de cette religion, il s’agit de Ménandre, mais celui-ci n’a jamais régné sur les territoires aujourd’hui afghans. On sait pourtant que vers la fin de son règne, des pèlerins venus d’Alexandrie, certainement Kapisi, se sont rendus sur l’île de Ceylan en grand nombre pour assister à l’inauguration d’un stupa. On ignore si ces pèlerins étaient grecs ou bien sujets indiens du roi grec Zoïlos I mais cela montre tout de même le grand développement de cette religion sous l’autorité gréco-bactrienne.

On sait par ailleurs que certains grecs se sont convertis aux religions indiennes, on a en particulier un témoignage faisant état d’un ambassadeur nommé Héliodore, originaire de Taxila, au service d’Antialcidas, et sectateur de Vishnu. De plus, des inscriptions tardives, datant sans doute de la période kouchane, retrouvées au sud de Bombay attestent de dons de la part grecs à des temples bouddhistes, et peut être même hindouistes.

 

Ces quelques cas documentés, qu’ils soient en dehors du cadre chronologique ou géographique ou un peu flous, laissent penser qu’un certain nombre de Grecs s’est converti aux religions nées en Inde au cours de la période hellénistique. Pour ce qui est du Bouddhisme, son exceptionnel développement sous les Kouchans serait inexplicable s’il n’avait pas déjà conquis une partie de la population avant ceux-ci, c'est-à-dire durant la période grecque.

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 11:11

Comme on a déjà pu l’apercevoir de nombreux dieux grecs ont été vénérés par les gréco-bactriens. A travers les temples ou les monnaies, on connait des cultes à Zeus, Athéna, Dionysos, Héraclès, Poséidon, Hermès, Déméter/Tyché ou encore aux Dioscures. Il existe également quelques indices laissant penser que des Gréco-bactriens se sont rendus en pèlerinage aux grands sanctuaires grecs comme celui de Delphes.

Dans le temple principal d’Aï Khanoum, on a également retrouvé un médaillon à l’effigie de Cybèle, une déesse phrygienne, appartenant donc une culture proche de celle des Grecs mais éloignée des cultures locales.

Au sanctuaire de Takht-i Sangin, on a également retrouvé la trace d’un culte à l’Oxus divinisé, culte préexistant à l’arrivée des Grecs selon toutes vraisemblances mais dynamisé par leur présence.

Il semble qu’à l’image de ce qui se passa dans l’Egypte ptolémaïque, les dieux grecs se confondirent avec les dieux locaux pour donner naissance à des divinités syncrétiques. Ainsi le culte de Mithra s’est maintenu auprès de la population iranienne locale, parfois en l’assimilant à une divinité grecque ou à un héros (Zeus ou Héraclès).

D’autres religions et cultes  locaux ont du persister dans ces régions. On a ainsi retrouvé dans le temple d’Aï Khanoum une figurine en os représentant une déesse nue du type de celles que les bactriens adoraient depuis des siècles. De même, des offrandes de vases céramiques ont été enterrées devant le temple, ce qui est une coutume bactrienne.

Enfin, le culte du feu, sans doute sous sa forme zoroastrienne, a certainement perduré puisqu’on en retrouve la trace aux périodes suivantes et qu’au sommet de l’acropole d’Aï Khanoum on a retrouvé un autel pyramidal destiné très probablement à ce culte.

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  • Amalkhan
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.
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