Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 14:16

Les Baloutches

 

Ils seraient arrivés du nord de la Caspienne au Xe siècle selon certaines sources et seraient d’origine indo-iranienne, venus des bords de la Mer Caspienne. Leur langue, appartenant au groupe linguistique iranien nord-occidental aurait conservé des caractères archaïques.

En Afghanistan, ils se sont regroupés en villages le long du bas Helmand et au sud de Farah, ainsi qu’à Hérat et ils conservent très vivante leur organisation tribale. Ils sont peu nombreux, la zone qu’ils habitaient en Afghanistan est vaste mais une grande partie des régions peuplées de Baloutches sont, en réalité, des déserts à peine parcourus par quelques nomades éleveurs de dromadaires. La grande majorité des Baloutches vit dans les pays voisins, l’Iran et le Pakistan. Ils étaient réputés pour la qualité de leurs tapis sombres.

Depuis les années 80, la plupart des Baloutches ont fui le pays et vivent dans des camps de réfugiés du côté pakistanais.

 

Les Brahouis

 

Il s’agit d’un des peuples les plus anciens de l’Afghanistan. Ils vivaient aux côtés des Baloutches avant la guerre contre les soviétiques, dans une région désertique et n’étaient que quelques millliers.

Ils parlent une langue apparentée à celle de l’Inde du Sud, ce qui permet de dire qu’il s’agit très probablement d’une population d’origine dravidienne pré-aryenne, donc des premiers habitants de la région. En afghanistan ils étaient éleveurs et cultivateurs sur les zones frontalières mais cette position même les a forcé à fuir les bombardements soviétiques et il est impossible de dire aujourd’hui s’ils reviendront un jour occuper leurs villages abandonnés en Afghanistan.

 

 

 

Repost 0
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 14:07

Arrivés au VIIIe siècle en Afghanistan, ils ont laissé de nombreuses traces dans la civilisation afghane et se sont installés en assez grand nombre pour que certains villages parlent arabe jusqu’à la fin du XXe siècle[1]. Mais leur communauté compte également des membres qui ont abandonné leur langue pour le dari, truffé de mots d’origine turque, et se sont bien intégrés dans les peuples de nord qui les entouraient. Ceux-ci vivaient de façon semi-nomade jusqu’à la fin du XXe siècle, perpétuant les traditions turques plus que ne l’ont fait les Ouzbeks vite sédentarisés.

Parmi les apports des arabes à la culture afghane et à son histoire, il y a bien sûr la religion. Ils ont amené l’Islam, religion de la quasi-totalité des afghans aujourd’hui, qu’ils soient sunnites ou chiites. Avec cette religion ils ont également amené leur alphabet, utilisé par tous les peuples locaux, parfois avec quelques modifications pour faire face aux spécificités de la langue comme c’est le cas pour l’alphabet persan ou pour celui utilisé par les Pachtounes. Enfin, ils ont amené avec eux les sciences occidentales, déjà connues depuis l’occupation grecque, qui y ont été revivifiées, en particulier les mathématiques, la médecine ou la philosophie, sans parler de leurs traditions littéraires qui y rencontraient des traditions similaires anciennes.

Certaines familles soufis arabes se sont par ailleurs installées en Afghanistan comme les Gaylanis, originaire d’Iraq et particulièrement respectée par quelques tribus pachtounes. Leurs fidèles sont prêts à mourir pour le chef du clan et ils l’ont prouvé à plusieurs reprises. Cette famille Gaylani a mené un grand parti de la résistance aux soviétiques.



[1] Cette installation daterait en réalité du début de la période timouride, Tamerlan après avoir pris Bagdad aurait installé de nombreux arabes de la tribu Qoreïch dans la région.

Repost 0
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 07:45

C’est le peuple le plus ancien qui se soit maintenu en grand nombre dans le pays. Il existe d’autres groupes sans doute plus anciens sur ces territoires, mais d’importance bien moindre, que nous évoquerons plus tard.

On trouve les Tadjiks dans presque toutes les régions d’Afghanistan du fait qu’ils sont les sédentaires les plus anciens de pays dont ils ont certainement constitué la majorité de la population à une époque. Ils ont été repoussés vers le Nord, vers les montagnes de l’Hindou Kouch, par les Pachtouns et de la vallée de l’Amou Daria, vers le Sud par les Ouzbeks. Cependant de nombreuses communautés continuent à habiter ces régions. On les trouve aussi en grand nombre dans la vallée de l’Hari Rod, autour d’Hérat où ils forment la majorité de la population.

Le terme tadjik désigne à l’origine les populations persanophones locales islamisées à partir du VIIIe siècle, ainsi les princes mongols de l’Iran parlaient de leur sujet en utilisant le mot « tadjik ». Il désigne aujourd’hui une grande partie des persanophones du pays, qui parlent une langue appelée Dari, très proche du perse iranien. Ils sont très majoritairement de rite sunnite. Durant des siècles les tadjiks n’ont pas eu conscience d’être un peuple particulier, malgré les pressions des autres peuples. Sans être tribaux, ils étaient divisés en vallées dans l’Hindou Kouch[1], en villages dans les plaines et à l’ouest. Ailleurs que dans l’Hindou Kouch ils se déclaraient d’ailleurs Farsiwan, locuteur  de la langue farsi (le dari) plutôt que Tadjiks. Il semble que les guerres qui se sont suivies depuis l’invasion soviétique, aux forts relents ethniques parfois, ont accéléré un processus identitaire en formation chez les tadjiks depuis le début du XXe siècle. Ainsi, la vallée du Panjshir, fief du commandant Massoud, fer de lance de la résistance aux soviétiques et aux talibans, est entièrement peuplée de Tadjiks et le parti politique auquel il appartenait était essentiellement de cette ethnie.

Les tadjiks sont essentiellement agriculteurs et éleveurs, dans les montagnes comme dans les plaines, mais ils sont aussi nombreux dans les villes où ils ont développé un artisanat réputé, actif et diversifié.

La langue dari est la langue véhiculaire du pays, partagée par de nombreux autres peuples d’Afghanistan, dont les Hazaras. Dans de nombreuses villes, le dari est la langue usuelle, même pour les Pachtouns qui ont un sentiment de supériorité mais qui bien souvent à Kaboul, avant l’invasion soviétique, parlaient fréquemment mieux le Dari que le Pachtoun (ce fut le cas du roi pachtoun Timur au XIXe siècle).

C’est aussi la langue de la culture dans ce pays, même si les autres peuples ont des littératures développées. Les Tadjiks sont des poètes depuis des siècles même s’il est souvent difficile de faire la différence entre les auteurs nés en Afghanistan et ceux nés en Iran, vu l’imbrication des histoires des deux pays à l’époque de la rédaction de la plupart des œuvres majeures persanes. De plus certains auteurs étant certainement nés en dehors du territoire afghan y ont vécu de façon attestée. Cependant certains poètes comme Ansari (né à Balkh au Xe siècle) ou Djami (né à Hérat en 1414) sont de purs produits du sol afghan. Le grand poète Ferdowsi est né dans la partie iranienne du Khorasan mais a dédicacé son ouvrage majeur « Le livre des rois » au seigneur de Ghazni dont il était le protégé. Beaucoup des poèmes tadjiks étaient aussi chantés en musique par un grand nombre de musiciens itinérants. La tradition poétique ne s’est jamais perdue dans ce peuple, même pendant les heures les plus sombres de l’occupation soviétique. Encore aujourd’hui, la poésie est un art vivace en Afghanistan, en particulier dans cette langue.



[1] Une légende illustre la fierté s’attachant à la vallée d’origine chez les Pandjshiris. Selon eux le nom de leur vallée est formé des mots Panj, cinq et Shir, lion, et viendrait d’une réquisition de la main d’œuvre de la part du roi qui avait demandé à chaque vallée 100 ouvriers. Les panjshiris, trop occupés par les travaux saisonniers, n’auraient envoyé que cinq hommes, provoquant la fureur du roi, qui se calma voyant que chacun d’eux abattait le travail de cent hommes, d’où le nom de lions qu’on leur aurait donné. Ibn Battuta pour sa part donnait comme éthymologie pour ce nom celui de Panj Hir, les cinq monts.

Repost 0
28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:33

La légende fondatrice des Pachtounes

C’est ce peuple qui aurait donné son nom à l’Afghanistan, en effet une de leurs légendes fait remonter leurs origines à un certain Afghana, juif contemporain du roi David. Il se serait réfugié avec sa tribu dans la région de Ghor lors de l’exode. Cette légende a dû apparaître après l’islamisation de leur peuple qui aurait cherché à se rattacher ainsi à sa nouvelle religion par des liens du sang très anciens[1], mais cela apparaît également comme un moyen d’affirmer leur égalité avec les nouveaux conquérants arabes. Cette volonté se trouve également dans une autre partie de la légende fondatrice des Pachtounes. Un de leurs chefs, Qais, aurait été un des premiers musulmans et aurait rencontré le prophète Mahomet à Médine, recevant à cette occasion le nom d’Abdul Rachid.

L’entrée des Pachtounes dans l’histoire

Il s’agit d’un peuple anciennement installé dans la région, on trouve des inscriptions remontant aux débuts du notre ère les citant probablement. Il se peut qu’il existe un lien entre leur peuple et celui des Paktyoka cité par Hérodote, même s’il ne s’agit probablement que d’une ressemblance fortuite. Ils ne sont pas les premiers habitants du pays mais aujourd’hui ils constituent le principal groupe ethnique national et ils sont à l’origine de la création de l’Etat afghan.

On parle des Pachtounes depuis le Xe siècle sous le nom d’Afghans de la part des persanophones et de Pathans de la part des Indiens. Les arabes, pour leur part utilisent le mot Soleïmanis, sans doute en raison de leur origine géographique. Enfin certains peuples Indiens qui étaient leurs riverains les nommaient Rohila, ce qui veut dire « montagneux ».

Un peuple tribal

Ce peuple serait né d’un mélange de populations indo-européennes aryennes ayant assimilé des éléments indiens, tadjiks, turcs et arabes. Ce creuset aurait donné naissance à une nouvelle culture et une nouvelle langue.

Les Pachtounes sont un peuple tribal, sans doute originaire des monts Soleiman, aujourd’hui au Pakistan. Entre le XIIIe et le XVIe siècle, ils auraient alors rayonné dans toutes les directions, occupant l’ouest de l’actuel Pakistan et une vaste région en arc de cercle au sud de l’Afghanistan, allant de la passe de Khyber à la frontière afghane en passant par les villes Ghazni et de Kandahar. Au XVIIe siècle, les différentes tribus semblent s’être installées sur leurs territoires actuels, dans toutes ces régions. Dans la description de l’empereur Babur, il ne manque qu’une tribu pourtant très importante : celle des Durrânis.

Mais cette répartition s’est compliquée depuis la fin du XIXe siècle. En effet, les affrontements entre les différentes tribus pachtounes, qui seront expliquées plus tard, amenèrent le roi Abdul Rahman, de la grande tribu des Durrâni, à déporter des milliers de pachtouns de la tribu Ghilzaï vers le nord, en particulier dans les régions de Kunduz et Mazar-e-Sharif. Ces communautés ont été renforcées dans les années 1940-1950 par des paysans sans terre originaires du sud installés par le gouvernement.

Cette opposition entre Durrâni et Ghilzaï reprend plus moins la fracture entre les deux dialectes pachtouns existants. Elle reprend aussi plus ou moins la différence entre Pachtounes des zones montagneuses (les Ghilzaï) et ceux des plaines (les Durrâni). Leur langue est une langue indo-européenne du groupe indo-iranien et s’écrit depuis des siècles en alphabet arabe modifié. La littérature en langue pachtou est importante, en particulier la poésie, et raffinée. De plus de nombreuses tribus pachtounes vivent sans faire partie de ces deux confédérations à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan, certaines de celles citées ci-dessous étant principalement au Pakistan mais ayant joué un rôle important dans l’histoire afghane de ces derniers siècles.

Il existe des pachtouns sédentaires, agriculteurs et éleveurs dans le monde rural, commerçants et artisans dans les villes. Ils sont réputés en particuliers pour leur travail des armes, qui perdure aujourd’hui encore. Depuis la création de la frontière séparant l’Afghanistan du Pakistan de nombreux commerçants afghans sont devenus contrebandiers, faisant entrer divers produits occidentaux depuis le Pakistan et y amenant moutons et produits agricoles divers. Durant la guerre contre les soviétiques, ils acheminaient armes, ravitaillement et médicaments vers les résistants, et servaient de guides aux occidentaux, volontaires d’ONG et journalistes. Ils repartaient dans l’autre sens avec blessés et nouvelles des combats, chargés également de pâte d’opium servant à fabriquer l’héroïne.

Avant la guerre contre les soviétiques des centaines de milliers de pachtouns étaient également nomades. Les grandes migrations de ces nomades font l’objet d’un passage admirable des « Cavaliers » de Kessel. Principalement éleveurs, mais aussi commerçant itinérants, ils passaient l’hiver dans les plaines chaudes du sud de l’Afghanistan et gagnaient ensuite les hauteurs pour l’estive. Ces pâturages d’estive se trouvaient principalement dans le massif central afghan, dans la région du Hazaradjat et du Ghor ou dans les plaines de l’Indus. Cela créait de nombreux problèmes avec les sédentaires des vallées. Chaque tribu pachtoun, chaque groupe de nomade possédait ses propres itinéraires et ses propres lieux de pâture. Depuis l’installation de pachtouns dans le nord du pays de nouveaux conflits sont apparus, les nomades cherchant de nouveaux pâturages dans le Nord du Koh-e Baba et dans le Badakhshan. Ces nomades s’étaient enrichis aux dépends des Hazaras à la fin du XIXe siècle après l’occupation de leur territoire par les troupes royales, ce qui explique en partie les tensions dans les relations entre les deux peuples. Les guerres récentes semblent avoir fortement limité le nombre de ces nomades.

 



[1] Les arabes disant avoir la même origine que les Juifs, puisqu’ils sont les enfants d’Agar et d’Ismaïl, femme et fils d’Abraham.

Repost 0
20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 18:15

La plaine de l’Amou Daria

Elle s’étend des contreforts du Badakhshan à l’est jusqu’au Band-e Turkestan (le petit massif équivalent du Firoz Koh sur la rive droite du Murgab) à l’ouest. L’Amou Daria (l’Oxus des anciens) est la frontière actuelle du pays mais il fut longtemps un axe de communication facilement traversable, malgré ses caprices, et constitua parfois le cœur d’une puissance plutôt que sa périphérie. Cette plaine constitue le cœur de la Bactriane antique, avec Bactres/Balkh comme capitale. Exploitée dans la plus haute antiquité pour la richesse de ses terres, en particulier le long de la rivière Kunduz mais aussi dans des cônes d’alluvions, elle reste un foyer agricole très actif. Cette importance fut accrue par le fait que la région se trouve le long d’un des itinéraires les plus importants de la roue de la soie, se prolongeant par la haute vallée du Wakhan qui mène directement à la Chine par le col de Wakhdjir (4922 m).

Cette plaine a toujours abrité de grands centres urbains, depuis Bactres, capitale de la Bactriane à Mazar-e Charif, actuelle capitale du Nord du pays et centre d’un pèlerinage important pour Nauruz (le nouvel an persan) en passant par Surkh Kotal (Ier et IIe siècle ap. J.-C), site kouchan, Aï Khanoum, citée hellénistique du IIIe siècle av J.-C, et Balkh au Moyen Age. Avant la guerre contre les soviétiques de nombreuses villes de cette vallée étaient caractéristiques des villes des routes de la soie, entourée de vastes oasis cultivées de vergers ombragés et abritant un bazar, parfois couvert comme celui de Kholm. En plus des activités agricoles et commerciales, ces villes ont toujours été le centre d’un artisanat puis d’une industrie diversifiée basés sur les productions agricoles locales (coton, betterave à l’est de la plaine, laine pour les tapis et peau de Karakul à l’ouest) ou sur des richesses naturelles (gaz dans la région de Sheberghān.

L’ouest

L’ouest abrite la riche plaine de l’Hari Rod qui abrite la ville de Hérat, véritable oasis de verdure et de culture au milieu d’une vaste région semi-désertique. Cette région n’est en réalité qu’une partie du Khorassan, grande région médiévale rassemblant des terres aujourd’hui en Afghanistan, en Iran et au Turkménistan autour du Morghab. Cette région est riche d’une grande histoire dont Hérat à laquelle Hérat a parfois donné sa plus grande splendeur. Grand centre commercial, véritable porte de l’Iran avec lequel les relations ont été très intenses, la ville a très longtemps entretenu un artisanat réputé. Elle fut aussi une capitale culturelle importante sous les timourides. Dans ce grand ouest on trouve aussi la petite ville de Shindand, non loin de la petite rivière Harud, qui a la particularité d’abriter aujourd’hui un aéroport militaire très important.

La plaine du sud et de l’ouest, irriguée par le Helmand

Comme je l’ai déjà signalé, on trouve dans le Sistan, tout à fait au sud-ouest, dans le bassin où disparaissent les eaux du Helmand, des traces d’installation humaine très anciennes. Mais l’Afghanistan ne possède qu’une partie de cette région, l’autre ayant été donnée à l’Iran. Au confluent des rivières Helmand et Arghandab se trouvait la ville de Bost, capitale d’hiver des Ghaznévides et des Ghurides, entourée d’un vaste réseau d’irrigation totalement détruit par Tamerlan.

Ces régions sont aujourd’hui désertiques et seule la moyenne vallée du Helmand reste fertile. Elle abrite la ville de Kandahar, deuxième ville du pays, refondée par Alexandre le Grand, devenue capitale du pays au XVIIIe siècle, puis des talibans entre 1995 et 2001. C’est une oasis de verdure qui exporte dans le reste du pays, et autrefois même à l’étranger, ses productions agricoles, telles que le raisin ou l’abricot, malgré les conditions climatiques très dures (températures légèrement négatives l’hiver, plus de 40°C l’été).

L’est afghan

A l’est, une plaine fermée par de hautes montagnes, Hindou Kouch au nord, Koh-e Baba à l’ouest et monts Soleiman au sud et à l’Est, irriguée par la rivière Kaboul, s’ouvre par la célèbre Khyber Pass vers le Pakistan actuel. C’est une plaine fertile qui abrite la ville de Djalalabad. Plus à l’ouest dans la haute vallée se trouve la ville de Kaboul, capitale du pays depuis 1775. Elle occupe un site particulier, à 1800 m d’altitude, ce qui en fait une zone aux températures plus supportables que celles de la vallée durant l’été, entouré de hautes montagnes mais dans une dépression fertile. Elle est surtout située au croisement des grandes routes commerciales du pays, ouvrant au Nord vers le col du Salang ou la vallée de Bamyan, et de là vers l’Asie centrale, à l’ouest vers Ghazni et Kandahar, et de là vers l’Iran, à l’Est vers Djalalabad et le sous continent indien. C’est le territoire historique du Gandhara. On pouvait encore voir, avant l’invasion soviétique, les restes de murailles élevées à l’époque des huns hephtalites sur certains monts surplombant la Kaboul.

Au sud de cette vallée s’élève de hautes montagnes, refuges de tribus pachtounes irréductibles depuis des siècles, que même l’empereur Babur eu du mal à soumettre. Il notait dans son journal que ces villages divisés ne s’unissaient que contre les habitants des vallées, qu’il étaient peuplés de barbares et sauvages se battant même avec des pierres quand venaient à manquer les munitions, et ne se rendant jamais.

Repost 0
4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 17:55

On peut distinguer trois groupes de montagnes. Elles s’élèvent d’Ouest en Est. L’ensemble de ces montagnes est d’un intérêt vital car le climat afghan est en général aride, et l’été les seules ressources en eau proviennent des rivières, alimentées par la fonte des glaces hivernales.

            L’Hindou Kouch

Au Nord-est du pays se trouve la partie la plus élevée de l’Hindou Kouch. Il culmine à 7485 au Nao Chakh, à la frontière avec le Pakistan. C’est la partie la plus élevée de l’Afghanistan, parsemée de vallées assez encaissées dont celle de la Kokcha. Cette chaine de montagne fait la ligne de séparation des eaux entre l’Indus au Sud et l’Amou Daria au Nord. Les cols qui la traversent sont très élevés. Le plus utilisé aujourd’hui étant celui du Salang, à 3363 m, qui relie depuis des siècles le Nord et le Sud du pays, qui est aujourd’hui doublé par un tunnel. Le Sud-est de cette chaîne est formé par les montagnes du Nuristan, dont les versants orientaux, arrosés par des restes de mousson, sont couverts de forêts de résineux situées entre 2500 m et 3500 m, alors que le reste de la chaine est aride. Son paysage est formé de quelques rares arbres dans les vallées, souvent des peupliers plantés par les agriculteurs, les versants et les sommets étant exempts de toute végétation importante. Ces montagnes, en particulier celles du Nuristan, ont toujours servi de refuge aux peuples locaux en butte à des envahisseurs ou des majorités persécutrices. Des résistants à Alexandre le Grand aux « kafirs » du Nuristan en passant par les ismaïliens du Badakhshan, tous ont trouvé des abris sûrs dans ces montagnes comme le firent plus tard les résistants afghans aux soviétiques puis aux talibans.

            Le Koh-e Baba : la montagne du grand père

La chaine de l’Hindou Kouch se prolonge à l’ouest, légèrement au sud, par le massif du Koh-e Baba. Celui-ci est séparé du reste de l’Hindou Kouch par la vallée de Bamyan, point de passage Nord-Sud primordial dans l’histoire, qui vit notamment passer les hordes mongoles de Gengis Khan. C’est à proximité de cette ville que se trouvaient les célèbres Bouddhas géants taillés dans la roche du IV au VI siècles. C’est là aussi que l’on trouve les célèbres lacs de Band-e Amir, aux couleurs éclatantes, superposés les uns aux autres et superbement décrits par un passage du roman « Les Cavaliers » de Joseph Kessel.

Ce massif est de plus faible altitude que le précédent, puisqu’il culmine au Koh-e Foladi, à 4951 m. Mais son importance est tout aussi importante pour le pays pour deux raisons.

La première est le fait que ce massif est le véritable « château d’eau » du pays. C’est là que prennent leurs sources les plus importants cours d’eau du pays, véritables voies de communication et oasis de vie :

- la rivière Kaboul, qui se dirige vers l’Est au Sud de l’Hindou Kouch, où elle crée la plaine de Djalalabad entre l’Hindou Kouch et le Safid Koh sur la frontière pakistanaise et qui court jusqu’à l’Indus

- La rivière Helmand, qui se dirige au sud-ouest, fertilisant la région de Kandahar et allant se perdre dans les marécages du Sistan à la frontière iranienne. On trouve dans cette région des traces très anciennes d’irrigation qui prouve l’installation humaine antique d’agriculteurs dans cette région aujourd’hui désertique

- La rivière Hari Rôd, qui coule plein ouest pour aller irriguer la région de Hérat avant de remonter s’évanouir dans les steppes turkmènes au Nord, faisant ainsi une partie de la frontière avec l’Iran. C’est le long de ce fleuve que se trouvait le plus beau témoignage de l’empire Ghuride, le minaret de Djam

- La rivière Murgab, plus courte et plus septentrionale que la précédente mais qui suit un parcours similaire vers l’Ouest puis le Nord pour se perdre dans les déserts turkmènes du Karakoum

- La rivière Kunduz qui s’écoule vers le Nord, dans une large vallée, jusqu’à se jeter dans l’Amou Daria qui fait la frontière Nord du pays. Le long de cette rivière aussi ont été constatées des traces d’irrigations antiques prouvant l’installation très ancienne de populations sédentaires, agricoles et organisées dans la région.

- D’autres rivières de moindre importance y prennent leur sources et coulent, tantôt vers le Nord, se perdant dans le sables ou vers le sud pour rejoindre les marécages du delta intérieur du Helmand.

Au sud de ce massif central, si important pour l’existence d’une vie agricole sédentaire dans la plupart des régions du pays, s’étendent les hauteurs du Hazaradjat, difficiles d’accès et lieu de refuge du peuple Hazara, minorité chiite isolée au milieu de peuples sunnites. Ces monts s’étendent jusqu’aux plaines du sud-ouest et rejoignent à l’Est les monts Soleiman dont le point culminant est le Safid Koh. Les vallées du Koh-e Baba abritent des oasis de verdure à l’activité agricole intense et diversifiée.

Le Firoz Koh

Il s’agit des monts Paropamisus des anciens. Ce n’est que le prolongement du Koh-e Baba mais de moindre altitude. Il culmine à 3593 m. Il n’est pas aisé à traverser dans l’axe Nord-Sud mais est traversé par le Hari Rod qui donne un axe de pénétration Est-Ouest. Il s’agit de terres assez ingrates et peu habitées aujourd’hui, mais qui semble avoir abrité le centre de la puissance ghuride.

Repost 0
2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 14:38

Je n'avais pas relu ce livre depuis des années, je pense que la dernière fois c'était il y a douze ans, c'est pour dire. Bilan : encore meilleur que dans mon souvenir. C'est tout simplement jubilatoire de parcourir ces quelques pages où la fantaisie verbale s'exprime magnifiquement mais où la gravité des thèmes reste entière cependant. C'est un véritable numéro de funambule de la part de l'auteur qui parvient à aborder des thèmes très sombres avec une légèreté de ton incroyable.

 

Si les premières pages sont un peu plus enjouées que les suivantes ce n'est que logique, on commence tout de même par la vie de jeunes hommes aux moeurs assez libres pour finir par le thème de l'absence de raison de vivre sans amour et du suicide (d'une souris il est vrai), en passant par le thème central de la maladie (cachée sous l'image poétique du nénuphar qu'il faut combattre à l'aide d'autres fleurs). Quelques détours sont faits par la critique sociale (l'auteur s'amusant à bouleverser les hiérarchies intellectuelles établies tout en montrant l'aversion de certains rentiers pour toute forme de travail), l'anticléricalisme (c'est un régal que de lire les passage se passant dans les églises ou lors de l'enterrement) et l'antimilitarisme qui a rendu Vian si célèbre.

 

Je n'insite pas sur le rôle central de Jean-Sol Partre dans cette oeuvre, et sur la critique du rôle médiatique de quelques intellectuels dans la société que fait Boris Vian, grand ami de Sartre. Il en profite pour proposer également une réflexion sur la déshumanisation de la société.

 

Par certains passages discrets on voit également poindre Vernon Sullivan, Boris Vian se cachant sous ce nom de plume pour publier ses oeuvres les plus crues d'un point de vue sexuel.

 

Bref c'ets une oeuvre très complète et qui mérite sans le moindre doute d'être relue.

Repost 0
11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 11:22

Cette semaine j'ai relu pour me faire plaisir (et parce que je n'aime pas me dire que j'ai dans ma bibliothèque des livres juste pour les montrer, si je les ai achetés c'est que je veux les lire plusieurs fois) ce livre que j'anais plus lu depuis des années, depuis ma scolarité il me semble.

 

J'avais un souvenir assez vague de cette oeuvre, dont je me rappelais pourtant très bien les premiers mots. Je pense vraiment que c'est un livre qui mérite d'être relu car il a une profondeur qui ne marque pas forcément quand on est adolescent. Ce n'est pas simplement l'histoire d'un homme indifférent à la société qui l'entoure, c'est aussi celle d'une société jugeant un homme. Mais c'est aussi une description de la société française d'Algérie à cette époque, du racisme ambiant. C'est enfin et surtout une réflexion sur l'enfermement et sur la peine de mort, leur pertinence, leur utilité, leurs buts.

Par certains côtés il rappelle un peu la Nausée de sratre mais en pire dans le sens où dans la nausée décrit une personne qui déteste la société, il est animé d'un sentiment, dans l'étranger le héros ne ressent presqu'aucune émotion, il n'est capable de se rendre compte de son bonheur qu'une fois que celui-ci est fini (et de ce point de vue là il est très proche de nombreuses personnes), n'a que très peu d'envies, qui sont essentiellement physiques, aucun désir, aucune aspiration à mieux et finit même par se satsifaire de ses conditions de vie en prison.  Cet homme pose un regard froid sur tout ce qui l'entoure, il n'anlyse même pas les choses, il les observe sans juger, sans s'indigner, sans s'enthousiasmer, il est mort avant même d'être exécuté car il ne ressent rien. Il ne ressent aucun mal être comme dans la nausée, il n'a pas vraiment conscience d'être, sauf à de rares instants banals qu'il dit apprécier.

On ressort de cette lecture sans aucune certitude sur cette homme, qui par moment semble humain mais si peu, tuer ne le dérange pas, la mort ne l'effraie pas malgré sa jeunesse, l'amour ne le concerne pas et la colère ou le sentiment d'injustice lui sont inconnues.

 

C'est donc un plaisir de rélire cette oeuvre et je pense que je la relirais dans dix ans pour y voir plus de choses encore.

Repost 0
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 19:30

Voici un livre que je voulais lire depuis très longtemps mais pour lequel je n'avais pas encore pris le temps. Il m'a fallu beaucoup de temps pour assimiler cette incroyable somme de connaissances, où les notes représentent tout de même un tiers de l'ouvrage.

 

Pierre Briant est un éminent spécialiste de cette époque et de cette région et cet ouvrage; bien que datant un peu maintenant est un immense état de la question à l'époque de sa rédaction, des questions qui ont trouvé des réponses ou des éléments de réponses à celles qui n'en ont toujours trouvé aucun en passant par les nouvelles questions qui se posent grâce aux découvertes récentes.

 

Moi qui ne suis pas un grand spécialiste de la question mais qui y porte un intérêt particulier j'ai été très impressioné par le contenu, très foruni et détaillé, mais utilisant parfois un langage un peu technique et difficile à appréhender pour le débutant, explicité pourtant la plupart du temps.

 

J'ai souvent du faire des pauses dans ma lecture pour être sûr d'avoir compris ce qui était expliqué et à, plusieurs reprises j'ai du regarder dans un dictionnaire pour me souvenir de mots que je n'avais pas entendu depuis mes années de fac mais cela fait du bien de se remettre au travail sérieux.

 

Tous les aspects possibles de l'empire achéménide sont évoqués, la vie politique bien sûr mais aussi la vie religieuse, l'organisation sociale ou encore l'économique, et ceci à travers la totalité de l'existence de l'empire. Il se penche également sur les relations entre les différents peuples de cet empire, leurs affrontements mais aussi leurs relations et leur mélange.

 

C'est donc un livre très complet, véritable oeuvre d'historien, citant ses sources, faisant sans cesse le point sur les éléments sûrs et sur les hypothèses, et traitant de la tyotalité du sujet, à lire absolument pour toute personne qui voudrait en savoir plus sur le monde perse de cette époque mais attention c'est tout de même un ouvrage un peu difficile d'accès pour ceux qui n'ont jamais fait d'histoire véritable, pour les amateurs de vulgarisation.

Repost 0
11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 10:02

Le service de presse des éditions Jourdan m'a fait parvenir cet ouvrage afin que je vous livre mon avis dessus. C'est un ouvrage très facile d'accès, avec de courts chapitres qui peuvent se lire en quelques minutes, il est donc idéal pour la lecture dans les transports en commun par exemple.

 

Il ne m'a donc fallu que quelques jours pour le lire et vous livrer mon avis dessus. Ce n'est pas un livre d'histoire mais un livre sur l'actualité, qui tente de pressentir les événements futurs, ce qui est toujours difficile à faire, et on ne peut que respecter les personnes qui tentent de prévoir ce qui pourrait se passer dans le futur, tellement faciles à critiquer quand ils se sont trompés.

 

La forme le rend facile à lire, il y a une alternance de récits d'opérations de la lutte entre les terroristes et les forces internationales (l'opération qui a menée à la mort de Ben Laden en introduction, celle qui a vu un attentat terrible contre les espions de la CIA en Afghanistan...) et d'explications qui cherchent à dresser un panorama de la sphère djihadiste aujourd'hui.

 

L'historien que je suis regrette un peu les simplifications et le peu de place que tient l'histoire de la formation de l'idéologie djihadiste dans cet ouvrage. Mais comme cela n'est pas le propos de cet ouvrage, qui ne cherche pas à comprendre d'où viennent ces idées, mais où elles se manifestent aujourd'hui et auprès de qui, il n'est pas surprenant que cette partie ne soit pas développée. Elle a le mérite d'exister et de permettre à ceux qui ne savent presque rien de ces sujets de mieux comprendre les chapitres suivants. Les chapitres suivants décrivent les principaux lieux d'installation des groupes djihadistes du Caucase à la Somalie en passant par le Pakistan, l'Afghanistan et le Cachemire, et à décrire les actions, les organisations et les principales personnalités de ces groupes.

 

L'auteur cherche aussi à décrire comment est organisée la lutte contre le terrorisme aujourd'hui et à montrer quels seraient des moyens efficaces de parvenir à une victoire même si cette partie est un peu faible, mais en raison essentiellement des secrets qui pèsent sur ce domaine. Il dresse cependant un édifiant panorama des menaces contre l'Occident que les services de sécurité sont parvenues à détruire depuis une dizaine d'années.

 

Bref ce livre n'est pas sans intérêts, ses qualités, concision, clarté, sont également ses défauts car il laisse un goût d'inachevé, on voudrait en savoir plus. C'est un bon manuel pour ceux qui veulent mieux comprendre ce sujet, un livre d'entrée en matière tout à fait utile et simple d'utilisation.

Repost 0

Profil

  • Amalkhan
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.

Bienvenue

Voici un blog qui vous présente une certaines quantité d'information sur des sujets très divers. Utilisez la colonne ci-contre pour accéder aux thèmes et articles qui vous intéressent.

Attention

Ce blog est en pleine refonte, certains articles et certaines catégories vont disparaître et d'autres vont apparaître, d'autres encore vont être modifiés dans les mois à venir.