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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 18:15

La plaine de l’Amou Daria

Elle s’étend des contreforts du Badakhshan à l’est jusqu’au Band-e Turkestan (le petit massif équivalent du Firoz Koh sur la rive droite du Murgab) à l’ouest. L’Amou Daria (l’Oxus des anciens) est la frontière actuelle du pays mais il fut longtemps un axe de communication facilement traversable, malgré ses caprices, et constitua parfois le cœur d’une puissance plutôt que sa périphérie. Cette plaine constitue le cœur de la Bactriane antique, avec Bactres/Balkh comme capitale. Exploitée dans la plus haute antiquité pour la richesse de ses terres, en particulier le long de la rivière Kunduz mais aussi dans des cônes d’alluvions, elle reste un foyer agricole très actif. Cette importance fut accrue par le fait que la région se trouve le long d’un des itinéraires les plus importants de la roue de la soie, se prolongeant par la haute vallée du Wakhan qui mène directement à la Chine par le col de Wakhdjir (4922 m).

Cette plaine a toujours abrité de grands centres urbains, depuis Bactres, capitale de la Bactriane à Mazar-e Charif, actuelle capitale du Nord du pays et centre d’un pèlerinage important pour Nauruz (le nouvel an persan) en passant par Surkh Kotal (Ier et IIe siècle ap. J.-C), site kouchan, Aï Khanoum, citée hellénistique du IIIe siècle av J.-C, et Balkh au Moyen Age. Avant la guerre contre les soviétiques de nombreuses villes de cette vallée étaient caractéristiques des villes des routes de la soie, entourée de vastes oasis cultivées de vergers ombragés et abritant un bazar, parfois couvert comme celui de Kholm. En plus des activités agricoles et commerciales, ces villes ont toujours été le centre d’un artisanat puis d’une industrie diversifiée basés sur les productions agricoles locales (coton, betterave à l’est de la plaine, laine pour les tapis et peau de Karakul à l’ouest) ou sur des richesses naturelles (gaz dans la région de Sheberghān.

L’ouest

L’ouest abrite la riche plaine de l’Hari Rod qui abrite la ville de Hérat, véritable oasis de verdure et de culture au milieu d’une vaste région semi-désertique. Cette région n’est en réalité qu’une partie du Khorassan, grande région médiévale rassemblant des terres aujourd’hui en Afghanistan, en Iran et au Turkménistan autour du Morghab. Cette région est riche d’une grande histoire dont Hérat à laquelle Hérat a parfois donné sa plus grande splendeur. Grand centre commercial, véritable porte de l’Iran avec lequel les relations ont été très intenses, la ville a très longtemps entretenu un artisanat réputé. Elle fut aussi une capitale culturelle importante sous les timourides. Dans ce grand ouest on trouve aussi la petite ville de Shindand, non loin de la petite rivière Harud, qui a la particularité d’abriter aujourd’hui un aéroport militaire très important.

La plaine du sud et de l’ouest, irriguée par le Helmand

Comme je l’ai déjà signalé, on trouve dans le Sistan, tout à fait au sud-ouest, dans le bassin où disparaissent les eaux du Helmand, des traces d’installation humaine très anciennes. Mais l’Afghanistan ne possède qu’une partie de cette région, l’autre ayant été donnée à l’Iran. Au confluent des rivières Helmand et Arghandab se trouvait la ville de Bost, capitale d’hiver des Ghaznévides et des Ghurides, entourée d’un vaste réseau d’irrigation totalement détruit par Tamerlan.

Ces régions sont aujourd’hui désertiques et seule la moyenne vallée du Helmand reste fertile. Elle abrite la ville de Kandahar, deuxième ville du pays, refondée par Alexandre le Grand, devenue capitale du pays au XVIIIe siècle, puis des talibans entre 1995 et 2001. C’est une oasis de verdure qui exporte dans le reste du pays, et autrefois même à l’étranger, ses productions agricoles, telles que le raisin ou l’abricot, malgré les conditions climatiques très dures (températures légèrement négatives l’hiver, plus de 40°C l’été).

L’est afghan

A l’est, une plaine fermée par de hautes montagnes, Hindou Kouch au nord, Koh-e Baba à l’ouest et monts Soleiman au sud et à l’Est, irriguée par la rivière Kaboul, s’ouvre par la célèbre Khyber Pass vers le Pakistan actuel. C’est une plaine fertile qui abrite la ville de Djalalabad. Plus à l’ouest dans la haute vallée se trouve la ville de Kaboul, capitale du pays depuis 1775. Elle occupe un site particulier, à 1800 m d’altitude, ce qui en fait une zone aux températures plus supportables que celles de la vallée durant l’été, entouré de hautes montagnes mais dans une dépression fertile. Elle est surtout située au croisement des grandes routes commerciales du pays, ouvrant au Nord vers le col du Salang ou la vallée de Bamyan, et de là vers l’Asie centrale, à l’ouest vers Ghazni et Kandahar, et de là vers l’Iran, à l’Est vers Djalalabad et le sous continent indien. C’est le territoire historique du Gandhara. On pouvait encore voir, avant l’invasion soviétique, les restes de murailles élevées à l’époque des huns hephtalites sur certains monts surplombant la Kaboul.

Au sud de cette vallée s’élève de hautes montagnes, refuges de tribus pachtounes irréductibles depuis des siècles, que même l’empereur Babur eu du mal à soumettre. Il notait dans son journal que ces villages divisés ne s’unissaient que contre les habitants des vallées, qu’il étaient peuplés de barbares et sauvages se battant même avec des pierres quand venaient à manquer les munitions, et ne se rendant jamais.

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  • Amalkhan
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.

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