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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 08:40

De cette période, il reste un témoignage archéologique exceptionnel en Bactriane occidentale. On a retrouvé dans l’oasis de Sheberghān, à Tillia Tepe, la tombe de cinq personnes qui devaient être des représentants de l’aristocratie saka, même s’ils semblent avoir subi l’influence des Parthes[1]. C’est un des plus beaux trésors de l’Afghanistan. Le nom même de l’endroit laisse penser qu’il existait d’autres tombes qui furent découvertes par les habitants, en effet cela signifie « la colline d’or ».

C’est en fouillant dans un sanctuaire monumental bien plus ancien (âge du bronze) que ces tombes ont été mises à jour. On y a retrouvé plus de 20000 objets en or, en argent et dans d’autres matériaux plus ou moins précieux. S’il est difficile de les dater précisément il est évident qu’elles datent du Ier siècle av n.è ou du Ier siècle de n.è. On ne sait pas le nom ni le rôle des personnages enterrés là mais il s’agissait visiblement de grands seigneurs si l’on en juge à la richesse de ces tombes. Il est possible qu’ils aient été tous enterrés en même temps car il s’agit d’un homme et de plusieurs femmes et que leurs ornements présentent une grande unité. 

 

Les cinq corps étaient dans des tombes séparées, parés de somptueux habits, brodés de fils d’or et de centaines de perles, dessinant des motifs végétaux complexes dont des rameaux de vignes. Ils avaient les têtes coiffées de diadèmes et de couronnes en or, leurs poignets et leurs chevilles portaient des bracelets, leurs oreilles portaient des boucles. Ces bijoux étaient incrustés de turquoises, de coraline, de perles et d’autres pierres précieuses et semi-précieuses.

 

Les influences visibles sur ces objets sont très diverses. On a retrouvé une monnaie de l’empereur romain Tibère, des l’ivoire gravé indien ou encore un miroir chinois. Plus proche culturellement et géographiquement, il y a des objets fabriqués dans le style artistique des steppes et d’autres visiblement hellénistiques bien qu’éloignés des canons de beauté classiques grecs (ainsi des agrafes représentant un amour sur un dauphin). On voit ainsi une déesse ailée, très grecque mais son front est marqué d’un point, signe indien qui montre peut-être un syncrétisme déjà très développé. De même, un pendentif, représentant un prince ou un héros luttant contre deux dragons, est très représentatif des différentes influences qui ont pu jouer sur les gouts de l’artiste qui le réalisa. Le thème remonte à l’art de l’Asie occidentale mais le visage du héros est mongoloïde, avec de larges pommettes, la pose frontale, elle, se rattache à une tradition locale de représentation, que l’on retrouve également dans l’art kouchan. Le personnage a un point sur le front, ce qui est indien mais les dragons ont des pattes retournées vers l’arrière ce qui est une tradition steppique. Enfin on a également retrouvé le thème d’une déesse assise sur une lionne, qui fut apporté dans la région par les Grecs et qui connut lui aussi une grande diffusion sous les Kouchans.



[1] Mais il est difficile de  différencier tous les peuples qui occupèrent la région à cette époque, tout comme il est difficile de dire ce qui est particulier à un peuple et ce qui participe du fond commun des peuples nomades venus du Nord de l’Asie centrale.

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  • Amalkhan
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.

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