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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 11:16

Assez étrangement pour le lecteur européen, il ne reste rien de la sculpture proprement grecque à part quelques très rares fragments. On a déjà signalé les restes d’une grande statue de Zeus à Aï Khanoum, dans le grand temple qui devait être réalisée avec des techniques grecques et sur un modèle grec. On peut également citer les chapiteaux des colonnades du palais de cette même ville et ceux que l’on a retrouvé à Bactres, d’ordre corinthien majoritairement mais avec quelques particularismes locaux. Mais il y avait aussi des chapiteaux d’ordre dorique et ionique (faisant de la Bactriane un conservatoire des styles grecs alors qu’ils étaient peu à peu abandonnés en Grèce). Un buste de bonne facture d’Euthydème âgé nous est également parvenu. Mais le meilleur exemple de l’existence d’écoles de grande qualité de cet art dans la région réside en fait dans l’influence qu’eut la sculpture grecque sur celle de Kouchans qui succédèrent aux Grecs.

Légèrement différent de la sculpture, la gravure, en particulier pour les monnaies, s’est longtemps maintenue avec un haut niveau de précision et avec beaucoup de talent pendant plusieurs décennies dans la région. Comme cela a été signalé des graveurs sont sans doute venus renforcés les écoles de gravure locale lors de la campagne d’Antiochos III. Comme pour les autres arts, il semble donc évident que la culture locale a puisé sa vitalité à la source, autour de la Méditerranée, en faisant venir des maitres artistes et artisans (la différence n’étant pas forcément marquée à cette époque) ou même en partant se former en Grèce ou dans d’autres écoles artistiques levantines.

Il ne reste rien de la peinture grecque de cette époque, sauf celle déjà citée de Dioscures à Dilbergine Tepe. Il en est de même de la mosaïque. On peut cependant penser, en se basant sur la vitalité des autres arts que ceux-ci s’illustrèrent aussi. Encore une fois, le recours systématique à des artistes venus des autres royaumes semble exclu mais il paraît très improbable que ces arts se soient développés en vase clos de façon fidèle à la tradition grecque, à l’image de tous les autres.

Enfin, il est utile de souligner que l’on a retrouvé quelques bijoux de l’époque, admirables, signé d’artistes grecs mais dont la provenance exacte est inconnue. Certains de ces bijoux se retrouvent aussi en Chalcidique, preuve d’un commerce important ou bien d’une influence très forte d’une région sur l’autre, et donc encore une fois d’échanges culturels. On a retrouvé à Aï Khanoum une boucle d’oreille en corail méditerranéen, avec des perles du golfe persique, du lapis-lazuli local et du rubis de Birmanie. La présence de lapis-lazuli peut plaider en faveur d’une fabrication locale à l’aide de produits importés. Il est fort possible qu’il existe d’autres pièces dans des collections privées, issues de fouilles clandestines. Ainsi, on peu par exemple noter que l’un de ses bijoux pourrait venir d’Aï Khanoum selon certains spécialistes. De même à Bactres, le site fouillé actuellement pour retrouver des traces de la ville grecque se nomme Tepe Zargaran, c'est-à-dire la colline des orfèvres, peut-être en raison d’une trouvaille sur le site ?

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  • Amalkhan
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.
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