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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 11:14

Un indice retrouvé à Aï Khanoum permet de se pencher sur la philosophie grecque dans la région. En effet, bien que la ville ne semble pas avoir été une ville primordiale pour la Bactriane, on a retrouvé sur l’Herôon de Kineas (fondateur de la ville) une dédicace de Cléarque de Soloï, élève d’Aristote, qui a voyagé dans la région et a sans doute enseigné dans la ville lors de son passage. Il a fait graver les maximes delphiques[1] sur celui-ci.

La philosophie des péripatéticiens semble avoir très en vogue dans la région car on a également retrouvé dans ce que l’on pense être la bibliothèque de la ville les traces d’un manuscrit contenant un dialogue philosophique qui pourrait appartenir à un ouvrage perdu d’Aristote. La théorie de Platon sur les Idées y est contestée.

Enfin, de façon très indirecte, le Milindapanha, livre sacré des bouddhistes, est un dialogue socratique de Ménandre avec l’indien Nagasena. Cette façon d’écrire prouve que de nombreuses personnes se retrouvaient dans la littérature philosophique grecque.

Avec le texte que l’on peut peut-être attribuer à Socrate, on a retrouvé un autre texte, contenant les extraits d’une pièce de théâtre inconnue, dont le style rappelle celui de Sophocle. L’existence de celui-ci ajoutée à celle d’un grand théâtre dans une ville moyenne donne une idée de l’importance que pouvait avoir ce spectacle dans la communauté grecque locale. Le théâtre, par la taille, devait servir à toute la population grecque de la province. On sait que les acteurs jouaient masqués, comme le voulait l’usage grec grâce à un masque traditionnel représenté comme bouche pour la fontaine publique.

Pour ce qui est de la poésie, les traces sont encore plus rares. A Aï Khanoum, les tombes portaient d’épitaphes en vers et on a retrouvé à proximité de Kandahar une belle épitaphe pour Sôphytos, en acrostiche, qui montre que son auteur maitrisait très bien l’art poétique classique. L’existence de ce cours texte montre que cet art devait être bien enseigné dans la région. Que son auteur y soit né ou qu’il y soit venu habiter ne changeant rien à la finalité, un homme possédant bien l’art poétique classique a vécu dans la région et son art était suffisamment apprécié pour être utilisé en épitaphe.



[1] Sur le sanctuaire d’Apollon à Delphes, on trouvait un sorte de bréviaire de la sagesse, attribué aux Spet sages légendaires de la Grêce qui exprimaient en formes lapidaires les vertus idéales du citoyen dans sa vie publique et privée.

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  • Amalkhan
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.
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