Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 10:27

Trois éléments montrent que la Bactriane jouissait d’une très bonne intégration dans l’empire achéménide et que les Grands rois considéraient cette satrapie comme particulièrement importante.

Il y a tout d’abord le fait qu’en plusieurs occasions le gouvernement de cette région fut confié directement à un des fils du roi, comme compensation quand un de ses frères était choisi comme successeur. On a vu que c’était le cas de Bardiya, fils cadet de Cyrus, ce fut aussi celui d’un certain Masistès (ou Ariaramnès, ce qui signifie « second après le roi ») fils de Darius. Selon Hérodote il se rebella contre son frère Xerxès mais est massacré avec les siens par les troupes royales, selon Plutarque et Justin il accepta de rester en retrait après avoir fait valoir sa candidature. A la mort de Xerxès, un de ses fils, Hystaspes selon Diodore, Artaban selon Ctésias, satrape de Bactriane s’est peut-être révolté contre son jeune frère Artaxerxès, dont les troupes écrasent la rébellion de Bactres malgré une bataille indécise (Ctésias). Enfin on sait que Bessos, le régicide du dernier roi achéménide, Darius III, qui était satrape de Bactriane, était un de ses parents.

Un deuxième phénomène montre la confiance que les Achéménides avaient dans la fidélité de cette région. La Bactriane fut, tout au long de l’histoire de cet empire, une satrapie d’exil pour de nombreux peuples. On peut par exemple citer les Branchides de Milet, qui, après avoir pris le parti des Perses lors d’une guerre en Ionie et avoir livré au Grand roi le trésor du sanctuaire de Didymes, furent installé dans cette région. Ce fut le cas aussi d’une partie des habitants de Barkè, cité grecque de Libye, qui fondèrent une localité du même nom dans cette province. Il ne faut pas interpréter cette politique dans le sens où la Bactriane serait considérée comme une périphérie utilisée comme lieu de relégation (à l’image de la Sibérie pour l’URSS). Au contraire, les Achéménides déportaient les populations vers les régions qu’ils voulaient mettre en valeur, comme celle du Golfe persique par exemple. Ces peuples étaient installés là et certainement intégrés à l’organisation militaire et tributaire de la satrapie. De plus il semble bien que la Bactriane ait été un lieu d’installation de la part des Perses. En effet, l’auteur Bérose mentionne l’érection d’une statue du culte d’Anahita, divinité perse, à Bactres, ce qui plaide en faveur de l’existence d’une diaspora de ce peuple dans la région.

Enfin la très bonne intégration de la Bactriane dans l’empire achéménide se voit à la confiance dans les contingents bactriens que les Achéménides témoignaient. Les troupes « iraniennes » formaient le cœur de l’empire perse, et la Bactriane est une des satrapies iraniennes. D’une part on sait que des troupes bactrienne étaient postées dans les garnisons d’Asir mineure. C’est leur témoigner une grande confiance quand on sait les affrontements permanents qui eurent lieu dans cette région durant toute l’histoire achéménide, que cela soit contre les Grecs ou contre les peuples locaux comme les Paphlagoniens ou les Pisidiens. D’autre part, durant les grandes campagnes militaires les troupes bactriennes figuraient toujours en bonne place et étaient réputées. Les Bactriens font partie des troupes choisies par Mardonios pour combattre en première ligne, aux côtés des Perses, à Platées lors de la bataille décisive (mais perdue) contre les Grecs. De même à la fin de l’empire, alors qu’Alexandre le Grand s’est déjà emparé des capitales perses, les auteurs grecs citent les cavaliers bactriens comme étant les derniers soldats importants de l’empereur en fuite. Cependant les troupes des ces régions furent plus rarement utilisées que celles du centre ou de l’Ouest de l’empire dans les guerres que nous connaissons, qui se sont toutes déroulées au Moyen Orient, sans doute en partie en raison de la lenteur du système de rassemblement des troupes qui mettaient trop de temps à arriver, comme ce fut le cas lors de la révolte de Cyrus, où les troupes des régions orientales de l’empire arrivèrent après la bataille finale.

Mais cette bonne intégration ne doit pas faire croire que la Bactriane y a perdu son identité. Le fait même que les Grecs sachent différencier les Bactriens des Perses lors des batailles (alors que l’armement ne doit pas être très différent) montre qu’ils ne sont pas acculturés. On sait d’ailleurs que la langue bactrienne fut maintenue tout au long de l’histoire achéménide.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Profil

  • Amalkhan
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.

Bienvenue

Voici un blog qui vous présente une certaines quantité d'information sur des sujets très divers. Utilisez la colonne ci-contre pour accéder aux thèmes et articles qui vous intéressent.

Attention

Ce blog est en pleine refonte, certains articles et certaines catégories vont disparaître et d'autres vont apparaître, d'autres encore vont être modifiés dans les mois à venir.