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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 10:42

L’arrivée au pouvoir d’Ashoka

Le fils de Chandragupta, Bindusara, qui lui succède vers -300, se tourne vers le Sud de l’Inde, tournant le dos aux Grecs. Plus qu’un conquérant c’est un organisateur qui consolide les bases de son empire. Il reçoit cependant de nombreux ambassadeurs à sa cour, en particulier le grec Déimaque, envoyé par Antiochos Ier et Dionysos, l'ambassadeur de Ptolémée II d'Égypte, preuve de bonnes relations avec le monde hellénique.

Le fils de Bindusara, Ashoka, contrôle les territoires occidentaux de l’empire de son père depuis sa capitale de Taxila, durant le règne de son père, auquel il succède vers – 273. A la tête de son immense armée, il se tourne vers le Kalinga (actuel Orissa) qu’il conquiert au prix d’un bain de sang. Ces atrocités provoquent chez lui une profonde crise morale qui le conduit à adopter le Bouddhisme et ses principes non-violents.

La politique d’Ashoka

Ashoka favorise alors toutes les religions de son empire avec une nette préférence pour sa propre religion. Les édits attestent de missions de prosélytisme bouddhiste notamment auprès des rois hellénistiques.

D’un point de vue administratif, la taille se son empire lui dicte une organisation décentralisée Il faut au moins trente jours pour se rendre de Pataliputra à Kandahar, capitale de sa province d’Arachosie. Le royaume est donc divisé en plusieurs territoires dirigés par des vice-rois ou des gouverneurs disposant d'une bureaucratie locale, souvent héritée des précédentes autorités perses ou grecques dans les régions qui nous intéressent. Ces différentes structures se chargent de la gestion concrète de l'Empire comme la collecte des impôts ou la réalisation de grands travaux. En effet, les édits d'Ashoka, retrouvés gravés en grand nombre sur des rochers, des parois de grottes ou des colonnes dans tout l’empire, uniquement préoccupé de principes moraux, ne parlent pas de l’organisation pratique de l’administration. On connait au moins trois exemples de ces édits en Afghanistan, à Kandahar dans une grotte et deux dans l’actuelle province du Laghman dont une à proximité de l’endroit où devait se trouver la ville grecque de Nicée, le long de la voie reliant Bactres à Taxila. Ces deux édits sont datés de l’an dix du règne d’Ashoka, date de sa conversion, et rédigés en araméen près de Nicée et en araméen et en grec à Kandahar. On connait par ailleurs un texte d’Ashoka en indien et en araméen retrouvé dans la région de Kandahar, ce qui montre la persistance de la culture perse dans la région, l’araméen ayant été la langue de l’administration de l’empire achéménide.

La prospérité économique, les échanges commerciaux (en particulier avec le monde hellénistique) et la paix favorisent l'essor culturel comme peuvent en témoigner de nombreuses découvertes archéologiques, dont la beauté continue d’alimenter des expositions dans le monde entier. Le règne d'Ashoka voit par exemple l'apparition d'une sculpture sur pierre de grande qualité influencée par l'art grec et perse, ce qui montre bien les influences réciproques existantes entre la Bactriane grec et le Gandhara indien.

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  • Amalkhan
  • Professeur d'histoire géographie passioné par l'Afghanistan et amoureux des lettres.
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