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Dimanche 7 juin 2009

Le président gabonais Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 41 ans, est mort aujourd'hui  à l'âge de 73 ans. Doyen des chefs d'Etat africains, M. Bongo était hospitalisé depuis un mois à Barcelone, dans la clinique privée Quiron. A la suite du décès de son épouse, le président Omar Bongo avait rejoint pour trois semaines un établissement de repos en Espagne, pour "mener son veuvage" et se ressourcer, comme le veut la tradition gabonaise selon la version officielle.

Selon les autorités gabonaises, le chef de l'Etat gabonais avait été hospitalisé pour un simple "bilan de santé". D'autres sources interrogées par l'AFP avaient au contraire indiqué qu'il se trouvait dans un état "grave", soigné pour un cancer. La présidence gabonaise avait annoncé le 6 mai que M. Bongo, avait décidé "la suspension momentanée de ses activités" de chef de l'Etat et que "toutes les audiences présidentielles (seraient) suspendues jusqu'à nouvel ordre".

Les syndicats gabonais avaient accepté, le 27 mai, de signer un accord pour une "accalmie sociale" de trente mois. Seuls les syndicats d'enseignants, en grève, avaient refusé, mais la mort du président autocrate pourrait tout re mettre en cause. En l'absence du président Bongo, le musellement de la presse et autres dérives antidémocratiques avaient pris de l'ampleur, tant les courtisans et tous ceux qui se positionnent dans la lutte pour la succession du chef était rude avant même l'annonce de ce décés.

Profitant de la maladie du président Omar Bongo, le groupuscule d'opposition intitulé "Bongo doit partir" (BDP), qui réclame sa démission, avait lancé un mot d'ordre de manifestation le 23 mai à Libreville. Celle-ci avait rapidement tourné court, les membres du mouvement ayant été accueillis par un important dispositif policier. Le BDP est très actif sur Internet, à défaut de pouvoir l'être sur le terrain.

Ali Ben Bongo, 49 ans, apparaît d’ores et déjà comme le dauphin en titre. Le fils cadet du président, ministre de la Défense depuis 1999, est le seul membre de sa fratrie à occuper un poste au gouvernement. Le chef de l’Etat avait, lui, annoncé qu’il serait encore candidat en 2012 mais sa mort place son fils dans une situation idéale pour lui succéder, puisqu'il contrôle les forces armées.

La question est de savoir comment va réagir la clientelle de la famille Bongo, et à travers elle toute l'élite politique et économique du pays. Les idées démocratiques se sont développées dans le pays mais il est peu probable que ceux qui se sont habituer à diriger acceptent de perdre tout ou partie de ce gros gateau. On peut donc craindre un scénario à la togolaise dans ce pays pétrolier. De plus la situation africaine actuelle (où les coups de force se multiplient) ne permet pas d'espérer vraiment un tournant démocratique dans ce pays.
Par Amalkhan - Publié dans : Commentaire de l'actualité - Communauté : Ce que je pense, Ce que je vis
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