Le président gabonais Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 41 ans, est mort aujourd'hui à l'âge de 73 ans. Doyen des chefs d'Etat africains, M. Bongo était hospitalisé depuis un mois à Barcelone, dans la clinique privée Quiron. A la suite du décès de son épouse, le président Omar Bongo avait rejoint pour trois semaines un établissement de repos en Espagne, pour "mener son veuvage" et se ressourcer, comme le veut la tradition gabonaise selon la version officielle.
Selon les autorités gabonaises, le chef de l'Etat gabonais avait été hospitalisé pour un simple "bilan de santé". D'autres sources interrogées par l'AFP avaient au contraire indiqué qu'il se
trouvait dans un état "grave", soigné pour un cancer. La présidence gabonaise avait annoncé le 6 mai que M. Bongo, avait décidé "la suspension momentanée de ses activités" de chef de l'Etat et
que "toutes les audiences présidentielles (seraient) suspendues jusqu'à nouvel ordre".
Les syndicats gabonais avaient accepté, le 27 mai, de signer un accord pour une "accalmie sociale" de trente mois. Seuls les syndicats d'enseignants, en grève, avaient refusé, mais la
mort du président autocrate pourrait tout re mettre en cause. En l'absence du président Bongo, le musellement de la presse et autres dérives antidémocratiques avaient pris de l'ampleur, tant
les courtisans et tous ceux qui se positionnent dans la lutte pour la succession du chef était rude avant même l'annonce de ce décés.
Profitant de la maladie du président Omar Bongo, le groupuscule d'opposition intitulé "Bongo doit partir" (BDP), qui réclame sa démission, avait lancé un mot d'ordre de manifestation le 23 mai à
Libreville. Celle-ci avait rapidement tourné court, les membres du mouvement ayant été accueillis par un important dispositif policier. Le BDP est très actif sur Internet, à défaut de pouvoir
l'être sur le terrain.
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