Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 07:52

Bien que leur nom soit mongol et signifie « région », il s’agit d’un peuple persanophone et il semble qu’à l’origine ce soit des nomades du plateau iranien (c'est-à-dire de l’ouest de l’Afghanistan), sédentarisés récemment pour une partie d’entre eux. Il se peut aussi qu'ils soient d'origine turque car ils sont considérés comme tels aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ils vivent dans l’ouest des montagnes afghanes où ils ont été refoulés par les Ouzbeks et les Hazaras.

On sait assez peu de choses sur eux en raison de leur isolement. Certains sont encore nomades, organisés en tribus, vivant dans des yourtes plus pointues que celles des mongols. D’autres refusent l’organisation en tribus. Les sédentaires ne semblent pas avoir de tradition villageoise très développées, ce qui plaide en faveur de leur récent sédentarisme, tout comme le fait qu’ils soient tous éleveurs de moutons, comme beaucoup d’autres peuples afghans (Pachtounes, Tadjiks, Hazaras…). Comme de nombreux autres peuples afghans leurs femmes travaillent à la maison et réalisent d’admirables tapisseries de laine. Ils ne semblent pas utiliser l’agriculture irriguée comme les autres peuples, qui dépendent de la fonte des neiges malgré des précipitations assez faibles. Cela explique la tragique famine du début des années 70 qui les a forcés à vendre une partie de leurs terres à leurs voisins citadins, en particulier Hazara.

Leurs pâturages sont aussi des estives pour certaines tribus pachtounes dans le Ghor. L’isolement de leur région les a tenus à l’écart de nombreux conflits récents même s’ils semblent entretenir des relations commerciales avec leurs voisins, Hazaras en particulier.

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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 07:50

C’est un peuple à part qui a longtemps vécu replié dans les montagnes du centre et qui reste très à part dans le pays bien qu’ils aient adopté la langue persane au plus tard au XVIe siècle, qu’ils parlent avec un accent particulier et avec un vocabulaire un peu particulier, comprenant des mots d’origine mongole en raison de leurs origines.

Les Hazaras semblent être originaires des régions orientales de l’Altaï et seraient arrivés à la suite des mongols dans cette région vers les XIIIe ou XIVe siècles. Ils étaient surement nomades à l’origine mais se sont vite sédentarisés. Leur visage est resté mongol ce qui permet d’infirmer l’hypothèse suggérée par leur nom (hazar en persan signifie mille, et certains y voyaient la trace d’une organisation militaire, l’unité d’un millier de soldats) qui en fait les descendant de soldats mongols. En effet, ils se seraient métissés avec des femmes locales si cela avait été le cas, ce qui ne semble pas avoir eu lieu.

Mais en plus de leurs caractéristiques physiques qui les mettent à part, les Hazaras sont également le seul peuple important à être chiite duodécimain1 dans le pays, probablement un héritage de leurs origines mongoles. C’était une religion répandue dans les rangs des soldats mongols stationnés en Afghanistan au XIVe siècle.

Le Hazaradjat est resté indépendant de fait jusqu’à la campagne militaire lancée par le roi Abdul Rahman, entre 1891 et1893, bien que leurs pâturages soient utilisés depuis des siècles par les nomades pachtouns. Certains ont alors fui vers l’Iran, qui partageait leur religion, ou vers Quetta au Pakistan.  Depuis leur intégration au royaume afghan ils ont aussi quitté leurs hauts plateaux centraux, où ils sont très largement agriculteurs, vivant difficilement dans les fonds de vallée de blé et de patates, et d’élevage. Ayant très longtemps vécu en semi autarcie, ils ont également développé un artisanat très varié répondant à la plupart de leurs besoins. Ils ont gagné en grand nombre les villes autour de leur territoire. Ils étaient nombreux à Kaboul, jusqu’à la guerre contre les soviétiques. Ils y occupaient des quartiers entiers, s’occupant du commerce au détail et de tous les travaux les plus humbles, mal considérés par les autres ethnies. Ils étaient également nombreux à Ghazni, au sud, Sar-e Pol et Mazar-e Charif au nord, où ils furent massacrés par les talibans. Mais leur capitale reste au cœur de leur région d’habitation, il s’agit de la ville de Bamyan, où les Bouddhas géants étaient à la fois un symbole de leur résistance et une cache d’armes dans les grottes qui se situées derrières ces immenses statues.



1 Le chiisme duodécimain est une branche minoritaire de l’Islam, qui reconnait les douze premiers imams, descendants du prophète Mahomet par son gendre Ali comme chefs de la communauté islamique à la place des califes installés à Damas puis Bagdad.

Par Amalkhan - Publié dans : Histoire de l'Afghanistan.
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 15:36

En vous aidant des documents et de vos connaissances rédigez un paragraphe de cinq à dix lignes expliquant l'évolution du sort des chrétiens dans l'Empire romain du Ier au IVe siècle.

 

"Les Chrétiens était jusqu'à des romain puis fuient vers l'Israël puis ils sont attaqués par les Hébreux et les Assyriens les chrétiens fuient vers Babylones et les juifs envahi aussi par les Assyriens et les Hébreux se dispersent en plein de petit peuple partout dans l'empire."

 

Si quelqu'un a compris quelque chose s'il vous plait expliquez moi.

 

Une autre version plus intelligible mais qui laisse à désirer au niveau des connaissances

 

Consentin autaurise le christianisme en 313. Le messie c'est un persécuteur nomm Jésu de nazareth. La vie de Jésus est écrit dans les évèques. la fête de pâque c'est la réssurection de Jésus.

 

Et le summum, je recopie fidèlement les réponses aux questions :

 

Quelles furent les conséquences des invasions pour les Hébreux et pour leur religion?

Oui

A la suite de quel événement les Juifs durent-ils quitter cette région?

Oui

Comment s'est alos appelée l'ensemble des communautés juives réparties dans le monde?

musulmen

 

Je crois qu'il se fout de moi

Par Amalkhan - Publié dans : Perles d'élèves
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 14:34

D’autres communautés se sont développées ou éteintes au cours de siècles. Parmi elles ont peut citer deux communautés qui prouvent l’importance du commerce international dans le pays. Des Juifs Yahoudis s’étaient installés à Hérat et Kaboul alors que dans cette ville on comptait également des communautés sikhes et hindoues assez importantes. Cependant, la plupart des membres de ces communautés ont fuit le pays lors de la guerre contre les soviétiques voire même avant si l’on prend en compte le récit de Byron qui lors de son passage dans le Turkestan afghan dans els années 30 note l’exode des juifs de cette région, avec ceux qui fuyaient le Turkestan soviétique, en partie chassés par les ouzbeks et les turkmènes qui semblaient vouloir prendre le contrôle du commerce des forurrues d’Astrakhan.

Quelques milliers de Kazaks avaient fuit le régime soviétiques et s’étaient installés dans la région de Mazar-e Charrif où ils étaient commerçants. Byron, déjà cité en remarque de nombreux dans tout le Turkestan afghan mais il est difficile de dire s’il ne les confond pas avec d’autres peuples turcophones de la région.

Enfin on peut citer les Djats1, qui seraient de la grande famille des nomades que l’on nomme gitans, roms ou bohémiens. Ils parcourent les routes du pays et doivent faire face à une grande hostilité de la part des autres peuples. Très peu considérés, ils vivent d’expédients et de petits travaux, parfois de vols et de mendicité. Ils parcourent certainement ces terres depuis de très nombreuses générations mais ne laissent aucune trace dans l’histoire.



1 Kessel a choisi ce peuple pour son héroïne et rend avec une surprenante vraisemblance la façon de penser que peut engendrer une telle vie.

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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 14:29

Les Qizil Bashs, qui habitent dans les régions de Kaboul, de Kandahar et de Hérat et sont quand à eux arrivés avec le roi iranien Nader Chah au XVIIIe siècle. A l’origine il s’agit de soldats originaires d’Anatolie, turcophones, dont le nom signifie “tête rouge”, cependant aujourd’hui ils sont très peu à conserver leur dialecte et sont presque tous persanophones, préférant même parfois se déclarer Tadjiks pour éviter d’être victimes de discrimination car ils sont chiites, religion minoritaire et longtemps persécutée dans le pays.

Il s’agit aujourd’hui surtout de commerçants mais ils constituèrent l’élite des troupes des premiers rois indépendants afghans qui avaient toute confiance en eux contrairement aux troupes tribales pachtounes.

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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 14:26

 

Il ne restait que peu de personnes se considérant encore comme Mongols sur le territoire afghan avant l’intervention soviétique et il a peu de chances qu’ils aient survécus en tant que communautés.

Ils se sont maintenus au pouvoir, de façon plus ou moins officielle et réelle pendant quelques siècles. Le nom de la dynastie moghole, fondée par Babur, est d’ailleurs issu du nom de ce peuple dont il était un lointain descendant. Mais leur trace ne s’arrête pas là, les destructions qu’ils ont réalisées sur le sol afghan, comme dans beaucoup d’autres régions islamiques sont encore présentes, Ghazni ne s’est jamais relevée de sa destruction, pas plus que la « ville rouge » non loin de Bamyan ou Balkh. Hérat par contre a réussi à se redresser mais sa destruction fut totale à cette époque. De nombreux noms de lieux tirent leurs noms du passage des hordes de Gengis Khan et certains proverbes perpétuent également son souvenir. Pourtant l’Afghanistan ne fut pas vraiment une terre de colonisation mongole et les soldats qui y furent basés sont repartis ou se sont mélangés aux peuples locaux.

Le mode de vie nomade de nombreux peuples afghans ne peut pas être attribué à une influence mongole sur ces peuples. En effet de nombreux peuples nomadisaient dans la région bien avant l’arrivée des Mongols et la yourte utilisée par certains d’entre eux n’est pas une exclusivité mongole, elle été partagée par de nombreux peuples issus de la même région du sud du lac Baïkal. Par contre les destructions de ville et de système d’irrigation, parfois irrémédiables, auxquelles ils se livrèrent renforcèrent ce mode de vie.

Leur rôle pour l’histoire est important comme l’on déjà montré la présence des Hazaras et le nom des Aymaqs. La déferlante des hordes mongoles est tombée sur l’Afghanistan à partir de 1221. Ils amenaient avec eux de très nombreuses tribus turques, dont celles qui deviendront les Ouzbeks et les Turkmènes.

 

 

 

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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 14:21

Les Nouristanis

C’est un peuple à part, qui occupe le Nord-est du pays et qui n’a d’égal que de l’autre côté de la frontière avec le Pakistan. Ils ne portent ce nom que depuis un peu plus d’un siècle, lors de la conquête de leur territoire par l’infatigable unificateur de l’Afghanistan, le roi Abdul Rahman. Auparavant ont les appelait les « kafirs », les infidèles. Ils habitent aujourd’hui le « pays de la Lumière (de Dieu)»

Réfugiés dans les hautes vallées de l’Hindou Kouch depuis des siècles ils ont développé une culture très particulière et ne se considère pas comme un peuple, séparés par leurs différences linguistiques. Chaque vallée ou presque parle sa propre langue, parfois sans la moindre intercompréhension. Toutes sont très anciennes et contiennent des éléments iraniens et indiens. Elles sont certainement issues d’une langue indienne pré-védique. Leurs légendes se souviennent du passage d’Alexandre le Grand comme celles de nombreux autres peuples afghans. Kipling s’en est inspiré pour sa nouvelle « l’Homme qui voulu être roi », magnifiquement adaptée au cinéma par John Huston avec Sean Connery dans le rôle titre.

Ils vivent dans des maisons de bois sculptés, accrochées aux fortes pentes, serrées les unes sur les autres, les toits plats pouvant servir de terrasse et de chemin de circulation pour les maisons les surplombant. Leurs villages sont très difficiles d’accès et souvent bien protégés naturellement en raison des relations conflictuelles qu’ils entretenaient entre eux et avec leurs voisins de la vallée de la Kaboul.

Leurs tombes portaient des statues animales de bois (souvent un cheval) et l’inscription du nombre de musulmans tués par le défunt. En effet, bien qu’ils soient essentiellement agriculteurs et éleveurs, ils ne dédaignaient pas dans les siècles passés attaquer les caravanes faisant la route entre Kaboul et la passe de Khyber.

Depuis leur conversion forcée, ils ont perdu presque toutes leurs traditions préislamiques (travail du bois, sépultures particulières) mais gardent le goût de quelques détails et continuent à vivre dans leurs maisons de bois, qui ont impressionné de nombreux photographes qui en ont livré des clichés splendides.

 

Les Pachaïs

Ils vivent à l’ouest du Nuristan et parlent plusieurs dialectes selon leurs vallées, très différenciés par le temps et l’isolement. Il n’existe aucune intercompréhension entre ces dialectes. C’est cet isolement qui leur a permis de subsister face aux multiples envahisseurs qui ont traversé cette région. En effet, il s’agit d’un groupe indo-aryen, dont la présence sur ces terres doit dater de l’Antiquité au plus tard. Ils sont peut être les derniers descendants de peuples arrivés avec l’empire Kouchan, mais peuvent provenir de souches indiennes plus anciennes encore.

Ils ont une riche littérature orale et une tradition de concours de poésie entre vallée, qui a sans doute rencontrée celle des arabes et la tradition poétique persane, se renforçant les unes les autres. Ils sont souvent confondus avec les Nouristanis dont ils sont très proches.

 

 

 

 

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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 14:16

Les Baloutches

 

Ils seraient arrivés du nord de la Caspienne au Xe siècle selon certaines sources et seraient d’origine indo-iranienne, venus des bords de la Mer Caspienne. Leur langue, appartenant au groupe linguistique iranien nord-occidental aurait conservé des caractères archaïques.

En Afghanistan, ils se sont regroupés en villages le long du bas Helmand et au sud de Farah, ainsi qu’à Hérat et ils conservent très vivante leur organisation tribale. Ils sont peu nombreux, la zone qu’ils habitaient en Afghanistan est vaste mais une grande partie des régions peuplées de Baloutches sont, en réalité, des déserts à peine parcourus par quelques nomades éleveurs de dromadaires. La grande majorité des Baloutches vit dans les pays voisins, l’Iran et le Pakistan. Ils étaient réputés pour la qualité de leurs tapis sombres.

Depuis les années 80, la plupart des Baloutches ont fui le pays et vivent dans des camps de réfugiés du côté pakistanais.

 

Les Brahouis

 

Il s’agit d’un des peuples les plus anciens de l’Afghanistan. Ils vivaient aux côtés des Baloutches avant la guerre contre les soviétiques, dans une région désertique et n’étaient que quelques millliers.

Ils parlent une langue apparentée à celle de l’Inde du Sud, ce qui permet de dire qu’il s’agit très probablement d’une population d’origine dravidienne pré-aryenne, donc des premiers habitants de la région. En afghanistan ils étaient éleveurs et cultivateurs sur les zones frontalières mais cette position même les a forcé à fuir les bombardements soviétiques et il est impossible de dire aujourd’hui s’ils reviendront un jour occuper leurs villages abandonnés en Afghanistan.

 

 

 

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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 14:07

Arrivés au VIIIe siècle en Afghanistan, ils ont laissé de nombreuses traces dans la civilisation afghane et se sont installés en assez grand nombre pour que certains villages parlent arabe jusqu’à la fin du XXe siècle[1]. Mais leur communauté compte également des membres qui ont abandonné leur langue pour le dari, truffé de mots d’origine turque, et se sont bien intégrés dans les peuples de nord qui les entouraient. Ceux-ci vivaient de façon semi-nomade jusqu’à la fin du XXe siècle, perpétuant les traditions turques plus que ne l’ont fait les Ouzbeks vite sédentarisés.

Parmi les apports des arabes à la culture afghane et à son histoire, il y a bien sûr la religion. Ils ont amené l’Islam, religion de la quasi-totalité des afghans aujourd’hui, qu’ils soient sunnites ou chiites. Avec cette religion ils ont également amené leur alphabet, utilisé par tous les peuples locaux, parfois avec quelques modifications pour faire face aux spécificités de la langue comme c’est le cas pour l’alphabet persan ou pour celui utilisé par les Pachtounes. Enfin, ils ont amené avec eux les sciences occidentales, déjà connues depuis l’occupation grecque, qui y ont été revivifiées, en particulier les mathématiques, la médecine ou la philosophie, sans parler de leurs traditions littéraires qui y rencontraient des traditions similaires anciennes.

Certaines familles soufis arabes se sont par ailleurs installées en Afghanistan comme les Gaylanis, originaire d’Iraq et particulièrement respectée par quelques tribus pachtounes. Leurs fidèles sont prêts à mourir pour le chef du clan et ils l’ont prouvé à plusieurs reprises. Cette famille Gaylani a mené un grand parti de la résistance aux soviétiques.



[1] Cette installation daterait en réalité du début de la période timouride, Tamerlan après avoir pris Bagdad aurait installé de nombreux arabes de la tribu Qoreïch dans la région.

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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 07:45

C’est le peuple le plus ancien qui se soit maintenu en grand nombre dans le pays. Il existe d’autres groupes sans doute plus anciens sur ces territoires, mais d’importance bien moindre, que nous évoquerons plus tard.

On trouve les Tadjiks dans presque toutes les régions d’Afghanistan du fait qu’ils sont les sédentaires les plus anciens de pays dont ils ont certainement constitué la majorité de la population à une époque. Ils ont été repoussés vers le Nord, vers les montagnes de l’Hindou Kouch, par les Pachtouns et de la vallée de l’Amou Daria, vers le Sud par les Ouzbeks. Cependant de nombreuses communautés continuent à habiter ces régions. On les trouve aussi en grand nombre dans la vallée de l’Hari Rod, autour d’Hérat où ils forment la majorité de la population.

Le terme tadjik désigne à l’origine les populations persanophones locales islamisées à partir du VIIIe siècle, ainsi les princes mongols de l’Iran parlaient de leur sujet en utilisant le mot « tadjik ». Il désigne aujourd’hui une grande partie des persanophones du pays, qui parlent une langue appelée Dari, très proche du perse iranien. Ils sont très majoritairement de rite sunnite. Durant des siècles les tadjiks n’ont pas eu conscience d’être un peuple particulier, malgré les pressions des autres peuples. Sans être tribaux, ils étaient divisés en vallées dans l’Hindou Kouch[1], en villages dans les plaines et à l’ouest. Ailleurs que dans l’Hindou Kouch ils se déclaraient d’ailleurs Farsiwan, locuteur  de la langue farsi (le dari) plutôt que Tadjiks. Il semble que les guerres qui se sont suivies depuis l’invasion soviétique, aux forts relents ethniques parfois, ont accéléré un processus identitaire en formation chez les tadjiks depuis le début du XXe siècle. Ainsi, la vallée du Panjshir, fief du commandant Massoud, fer de lance de la résistance aux soviétiques et aux talibans, est entièrement peuplée de Tadjiks et le parti politique auquel il appartenait était essentiellement de cette ethnie.

Les tadjiks sont essentiellement agriculteurs et éleveurs, dans les montagnes comme dans les plaines, mais ils sont aussi nombreux dans les villes où ils ont développé un artisanat réputé, actif et diversifié.

La langue dari est la langue véhiculaire du pays, partagée par de nombreux autres peuples d’Afghanistan, dont les Hazaras. Dans de nombreuses villes, le dari est la langue usuelle, même pour les Pachtouns qui ont un sentiment de supériorité mais qui bien souvent à Kaboul, avant l’invasion soviétique, parlaient fréquemment mieux le Dari que le Pachtoun (ce fut le cas du roi pachtoun Timur au XIXe siècle).

C’est aussi la langue de la culture dans ce pays, même si les autres peuples ont des littératures développées. Les Tadjiks sont des poètes depuis des siècles même s’il est souvent difficile de faire la différence entre les auteurs nés en Afghanistan et ceux nés en Iran, vu l’imbrication des histoires des deux pays à l’époque de la rédaction de la plupart des œuvres majeures persanes. De plus certains auteurs étant certainement nés en dehors du territoire afghan y ont vécu de façon attestée. Cependant certains poètes comme Ansari (né à Balkh au Xe siècle) ou Djami (né à Hérat en 1414) sont de purs produits du sol afghan. Le grand poète Ferdowsi est né dans la partie iranienne du Khorasan mais a dédicacé son ouvrage majeur « Le livre des rois » au seigneur de Ghazni dont il était le protégé. Beaucoup des poèmes tadjiks étaient aussi chantés en musique par un grand nombre de musiciens itinérants. La tradition poétique ne s’est jamais perdue dans ce peuple, même pendant les heures les plus sombres de l’occupation soviétique. Encore aujourd’hui, la poésie est un art vivace en Afghanistan, en particulier dans cette langue.



[1] Une légende illustre la fierté s’attachant à la vallée d’origine chez les Pandjshiris. Selon eux le nom de leur vallée est formé des mots Panj, cinq et Shir, lion, et viendrait d’une réquisition de la main d’œuvre de la part du roi qui avait demandé à chaque vallée 100 ouvriers. Les panjshiris, trop occupés par les travaux saisonniers, n’auraient envoyé que cinq hommes, provoquant la fureur du roi, qui se calma voyant que chacun d’eux abattait le travail de cent hommes, d’où le nom de lions qu’on leur aurait donné. Ibn Battuta pour sa part donnait comme éthymologie pour ce nom celui de Panj Hir, les cinq monts.

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